Contrôles aux frontières à Brussels Airport: "chaos absolu", dénonce son CEO
Les files d’attente interminables au contrôle à la frontière de Brussels Airport ne sont plus un simple désagrément pour voyageurs fatigués. Elles deviennent un véritable scandale d’État. Le CEO de l’aéroport, Arnaud Feist, parle d’une situation « totalement inacceptable ». Difficile de lui donner tort.
Publié par A.G.
Résumé de l'article
-À Brussels Airport, les files interminables au contrôle frontalier tournent au scandale, avec des passagers parfois bloqués plusieurs heures.
-Le CEO Arnaud Feist dénonce une situation « totalement inacceptable », aggravée par le manque de policiers fédéraux et la mise en œuvre mal anticipée du système européen EES.
-Sans renforts rapides et meilleure utilisation des e-gates, l’aéroport redoute un été de chaos absolu.
Depuis le 12 octobre, la nouvelle procédure européenne Entry Exit System impose un contrôle renforcé des passagers entrant dans l’espace Schengen. Elle prévoit notamment l’enregistrement des données biométriques des ressortissants de pays tiers. Sur le papier, l’objectif est clair: mieux contrôler les frontières européennes. Dans les faits, à Bruxelles comme ailleurs, le système produit surtout des files gigantesques, parfois de plusieurs heures, à l’arrivée.
Le problème ne tombe pourtant pas du ciel. Selon Arnaud Feist, les autorités ont été averties depuis des années. « On va droit dans le mur », résume-t-il en substance. Et le mur est désormais là.
Des passagers bloqués pendant des heures
À Brussels Airport, certains passagers doivent patienter de longues heures avant de franchir le contrôle frontalier. Pour un aéroport international, vitrine d’un pays et porte d’entrée de sa capitale européenne, l’image est désastreuse.
Le ministre de l’Intérieur Bernard Quintin (MR) avait lui-même qualifié ces files d’« inacceptables pour les passagers et pour l’image de notre capitale ». Brussels Airport tient exactement le même discours. Arnaud Feist y voit même un problème de sécurité: que se passe-t-il si des passagers font des malaises dans ces files compactes et interminables?
Un manque criant de policiers
Le cœur du problème est connu: la police fédérale, chargée de ces contrôles, manque de moyens. Selon le CEO de Brussels Airport, il manquerait 25% d’agents à l’aéroport. Les policiers présents font ce qu’ils peuvent, mais ils ne peuvent pas compenser indéfiniment une organisation sous-dimensionnée.
La Belgique se retrouve donc dans une situation absurde: elle applique un dispositif européen de contrôle renforcé, mais sans disposer des effectifs suffisants pour l’absorber correctement. Résultat: les passagers paient la facture, l’aéroport encaisse la colère, et l’image du pays se dégrade.
Le risque d’un été cauchemardesque
Face au blocage, la Belgique a reporté l’enregistrement biométrique des ressortissants de pays tiers, comme d’autres pays européens. La décision a été prise par Bernard Quintin et par la ministre de l’Asile et de la Migration Anneleen Van Bossuyt (N-VA). Mais un contrôle accru reste en place.
Brussels Airport espère désormais une utilisation plus large des portiques automatiques, les e-gates, y compris pour les non-Européens. Des renforts policiers sont aussi annoncés d’ici l’été.
Mais Arnaud Feist prévient: il faudra vérifier que ces mesures suivent réellement. Sans cela, le scénario est écrit d’avance. L’été pourrait tourner au fiasco. Ou, pour reprendre les mots du patron de Brussels Airport, au « chaos absolu ».