Rudy Aernoudt : « Un Belge sur 300 vit de la politique, et près d'un Belge actif sur cinq travaille pour l'État »
À l’occasion de la sortie de leur livre Belgium 2040, Rudy Aernoudt et Peter De Keyzer livrent une analyse sévère du fonctionnement politique belge. Dans un entretien à La Libre, Aernoudt appelle à une réduction des dépenses publiques, à une refonte du rôle des élus et à une réforme en profondeur des politiques migratoires.
Publié par Harrison du Bus
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Résumé de l'article
Rudy Aernoudt critique le poids de l’État, les carrières politiques et plaide pour une réforme structurelle de la Belgique à horizon 2040.
Les économistes et chroniqueurs flamands Rudy Aernoudt et Peter De Keyzer font le tour de la presse pour la sortie de leur livre Belgium 2040. De l'inertie à la stratégie (Ed. Mardaga). Dans ce cadre Rudy Aernoudt, également chef de cabinet de Georges-Louis Bouchez, a accordé un entretien à nos confrères de La Libre.
Il insiste sur la baisse nécessaire des dépenses publiques « Rendez-vous compte : un Belge sur 300 vit de la politique, et près d'un Belge actif sur cinq travaille pour l'État. Sans parler de ce que nous appelons dans notre livre non pas la lasagne institutionnelle, mais bien "le spaghetti" : nous avons une pléthore de comités de concertation et autres qui doivent se voir entre eux, et qui se contredisent. »
Une critique des carrières politiques installées
Il pense également que le politique ne doit plus être une carrière professionnelle « Nous considérons en tout cas que la politique doit être une passion et non un métier. On fait de la politique pendant 4 ou 8 ans, on limite les mandats, on travaille pour l'intérêt général, puis on revient à la vie "normale". Cela permettait aux hommes et femmes politiques de rester connectés aux citoyens.
« La politique, qui vient du grec polis (la gestion de la vie dans la cité) est faite pour nous tous. Elle n'est pas uniquement destinée à une caste privilégiée ni à une dynastie politique (de père en fils/fille). Allez, on est contre le Roi, puis on devient ministre de père en fils, c'est quoi cette histoire ? »
Un regard sévère sur le recrutement politique
Il a également un regard assez sévère sur les castings politique : « Pour moi, la politique, ce n'est pas d'avoir des animaux politiques que l'on adore ou que l'on déteste. Ce n'est pas voir d'anciens journalistes devenir députés ou ministres. Ce n'est pas voir des élus participer à des jeux télévisés. Ce qui doit nous guider, c'est la bonne gestion, c'est le fait d'allouer des moyens aux bons endroits.
« Mais pour cela, à nouveau, il fait reconfigurer notre manière de penser et de fonctionner. Cela peut se faire en 15 ans, voilà pourquoi nous parlons dans notre livre d'horizon 2040. Entre la fin de la Seconde Guerre mondiale et la Grande Expo 58, il y avait aussi 15 ans. C'est réalisable. »
Une remise en cause du modèle migratoire belge
Enfin il plaide pour un changement complet pour la politique migratoire : « Au Danemark, le taux d'emploi chez les migrants non-européens est de 85 %. Chez nous, il est de 48 %. En conclusion, ce n'est pas la faute des migrants, c'est la faute du système. »