Damien Ernst et Bruno Colmant : « Certains retraités gagnent davantage que les jeunes actifs qui financent le système, ce n'est plus tenable »
La question des retraites est au cœur du livre. Bruno Colmant et Damien Ernst alertent sur une fracture générationnelle qui menace l'équilibre économique et social de la Belgique. Une refonte du système s'impose
Publié par Demetrio Scagliola
Résumé de l'article
- Le financement des pensions devient de plus en plus difficile.
- Les auteurs dénoncent une forme d'injustice envers les jeunes générations.
- Bruno Colmant plaide pour une réforme prudente.
- Damien Ernst défend des mesures plus fortes sur les pensions élevées.
21News : Vous parlez d'une injustice générationnelle majeure concernant les retraites...
Bruno Colmant : Ma fille de 25 ans peut légitimement me dire : « Vous nous laissez une dette financière et écologique, comment m'avez-vous préparée ? » Il y a un risque de sédition de la jeunesse. En Belgique, nous n'avons pas mis d'argent de côté pour anticiper le papy-boom. On va vers une sorte d'allocation universelle avec une convergence des pensions vers un montant médian. Il faut introduire de la capitalisation progressivement sur le long terme, mais cela prendra 50 ans.
Damien Ernst : Mon père de 81 ans touche 3.200 euros nets de pension, alors que les jeunes brillants que j'engage gagnent 2.750 euros. C'est injuste. On n'ose pas retoucher aux droits acquis, mais il faut arrêter d'indexer les pensions de plus de 3.000 euros pour retrouver des marges budgétaires, sinon le reste de l'État sera étranglé.
Bruno Colmant : Je suis plus nuancé car une maison de soins coûte rapidement plus de 3 000 euros par mois. On risque de créer des poches de pauvreté chez les aînés. Je préférerais une taxation globale et intégrée des revenus du patrimoine et du travail pour que le capital n'échappe pas à la solidarité.
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