« Abaisser son froc pour rien » : Thomas Dermine étrille le Gouvernement wallon après la décision de Ryanair
La confirmation par Ryanair du retrait de cinq avions de Charleroi relance la polémique politique. Le bourgmestre Thomas Dermine estime que les concessions accordées par les gouvernements fédéral et wallon n'ont servi à rien et accuse l'exécutif régional d'avoir essuyé un « camouflet sans nom ».
Publié par Demetrio Scagliola
Résumé de l'article
- Ryanair confirme le retrait de cinq avions basés à Charleroi et la suppression de deux millions de sièges en Belgique.
- Thomas Dermine estime que les concessions fiscales accordées par les gouvernements wallon et fédéral n'ont produit aucun résultat.
- Le bourgmestre de Charleroi accuse l'exécutif wallon d'avoir sacrifié des recettes publiques sans empêcher le désengagement de la compagnie.
Le bourgmestre de Charleroi dénonce l'échec de la stratégie de conciliation menée par la Région et le fédéral face à la compagnie irlandaise.
Malgré les concessions accordées ces derniers mois, Ryanair a confirmé ce mardi 22 juillet le retrait de cinq avions basés à l'aéroport de Charleroi et la suppression de deux millions de sièges en Belgique. Une décision qui sonne comme un désaveu cinglant pour les gouvernements wallon et fédéral, selon le bourgmestre socialiste de Charleroi, Thomas Dermine (PS).
" Les ingénieurs de la négociation..."
Abaisser son froc jusque par terre … pour rien !
— Thomas Dermine (@ThomasDermine) July 22, 2026
Les ingénieurs de la négociation : diminution des rentrées fiscales, annulation de redevance communale pour les nuisances et au final… Ryanair confirme son retrait.
Un camouflet sans nom pour le Gouvernement Wallon. https://t.co/WMvzC7rFYS
Sur le réseau social X, le bourgmestre n'a pas mâché ses mots :
« Abaisser son froc jusque par terre … pour rien ! Les ingénieurs de la négociation : diminution des rentrées fiscales, annulation de redevance communale pour les nuisances et au final… Ryanair confirme son retrait. Un camouflet sans nom pour le Gouvernement Wallon. »
Une charge directe contre l'exécutif wallon MR–Les Engagés, qui avait choisi de bloquer la taxe communale de 3 € par passager que la Ville de Charleroi souhaitait imposer à l'aéroport.
Le contexte : une double concession restée sans effet
Au niveau fédéral : une taxe revue à la baisse. Le gouvernement fédéral avait initialement prévu de porter la taxe d'embarquement (TILEA) à 10 euros par passager. Sous la pression des compagnies aériennes et des aéroports régionaux, ce montant a été ramené à 7 euros — une concession significative censée apaiser Ryanair.
Au niveau wallon : la taxe communale annulée. En parallèle, la Ville de Charleroi avait voté fin 2025 une taxe de 3 euros par passager au départ de son aéroport, destinée à compenser les nuisances (bruit, trafic, sécurité) et à renflouer les finances communales à hauteur de 15 millions d'euros par an.
Le Gouvernement wallon a bloqué cette mesure début février 2026, la jugeant contraire à l'intérêt économique régional. Le ministre-président Adrien Dolimont (MR) avait qualifié la taxe d'« absurdité économique », tandis que le ministre de l'Économie Pierre-Yves Jeholet estimait qu'elle menaçait « un outil de développement majeur »
À l'époque, Thomas Dermine avait dénoncé « un choix politique clair de ne pas aider les villes wallonnes », estimant que la Région aurait mieux fait de « sortir son bazooka contre la taxe fédérale plutôt que de combattre une ville wallonne ».
Une revanche pour le bourgmestre carolo
Pour Thomas Dermine, l'annonce de Ryanair valide a posteriori sa lecture du dossier : les concessions accordées à la compagnie irlandaise — baisse de la taxe fédérale, annulation de la taxe communale — n'ont pas suffi à la retenir. Pire, elles ont privé les pouvoirs publics de recettes fiscales sans contrepartie.
Le bourgmestre socialiste avait justifié sa taxe par les 25 millions d'euros de bénéfices annuels engrangés par l'aéroport, dont près de la moitié des dividendes reviennent à un actionnaire italien, sans que la Ville ne perçoive un euro pour les externalités subies.
Avec le retrait annoncé de cinq appareils, l'aéroport de Charleroi perdrait une partie de sa capacité. Ryanair évoque :
- 2 millions de sièges supprimés en Belgique
- 500 millions d'euros d'investissements gelés
- Des centaines d'emplois directs et indirects menacés