Dix ans après le Brexit, le Premier ministre britannique remet un retour dans l’UE sur la table
Andy Burnham estime que le Brexit a fait « plus de mal que de bien » au Royaume-Uni. Le Premier ministre travailliste veut désormais examiner plusieurs scénarios pour l'avenir : statu quo, union douanière, marché unique et jusqu'à une possible réadhésion à l'Union européenne.
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
Dix ans après le référendum sur le Brexit, Andy Burnham veut réexaminer la relation du Royaume-Uni avec l'Union européenne. Parmi les options citées par le Premier ministre : union douanière, marché unique et jusqu'à une possible réadhésion à l'UE.
Dix ans après le référendum qui avait décidé du Brexit, le scénario d'un retour du Royaume-Uni dans l'Union européenne revient officiellement dans le débat politique britannique.
Le Premier ministre travailliste Andy Burnham a affirmé mercredi que la réadhésion à l'UE faisait partie des possibilités qui devront être examinées pour définir la relation à long terme entre Londres et Bruxelles. Interrogé sur BBC Radio 4 au lendemain de son discours au congrès du Labour à Liverpool, le chef du gouvernement a énuméré les différents scénarios.
Le Royaume-Uni pourrait conserver la relation actuelle avec l'Union européenne. Il pourrait également envisager une union douanière, examiner un retour dans le marché unique ou encore « aller jusqu'au bout ». Cette dernière formule désigne un retour dans l'Union européenne.
« Le Brexit a fait plus de mal que de bien »
Andy Burnham avait préparé le terrain mardi devant les militants travaillistes. « Je ne peux pas vous dire honnêtement que la situation actuelle est suffisamment bonne », avait-il déclaré. Selon lui, le Brexit a fait « plus de mal que de bien » et le Royaume-Uni doit retrouver un niveau plus élevé de croissance et de prospérité.
Le Premier ministre avait alors annoncé son intention de présenter plusieurs options concernant la relation à long terme avec les Européens à l'occasion du prochain sommet entre le Royaume-Uni et l'Union européenne.
Mercredi matin, il est allé plus loin en précisant la nature de ces options. Le statu quo resterait possible. Mais Andy Burnham a également cité une union douanière, le marché unique et enfin la possibilité d'« aller jusqu'au bout ».
Le Premier ministre n'a cependant pas indiqué quelle solution avait actuellement sa préférence. Il veut examiner ce qui est réalisable ainsi que les avantages et les inconvénients des différentes formules.
Un changement majeur par rapport à la ligne de 2024
La démarche marque une évolution importante de la position travailliste sur le Brexit. Lors des élections générales de 2024, le Labour avait promis de rapprocher le Royaume-Uni de l'Union européenne tout en fixant trois lignes rouges : pas de retour dans l'UE, pas de retour dans le marché unique et pas d'union douanière.
Andy Burnham assure que ces engagements resteront respectés pendant la législature actuelle. La réflexion annoncée porte donc essentiellement sur la relation que Londres pourrait construire avec Bruxelles après les prochaines élections générales.
Le Premier ministre n'a jamais caché sa position personnelle. Opposant au Brexit lors du référendum de 2016, il avait déjà déclaré en juin espérer voir le Royaume-Uni réintégrer l'Union européenne « de son vivant ».
Mais faire désormais de cette hypothèse l'une des options officiellement envisagées par le gouvernement lui donne une tout autre portée.
Le Brexit de nouveau ouvert au débat
Depuis son départ effectif de l'Union européenne en 2020, le Royaume-Uni a progressivement cherché à rétablir certaines coopérations avec Bruxelles.
Keir Starmer avait notamment organisé en mai 2025 le premier sommet UE-Royaume-Uni depuis le Brexit dans le cadre de son « reset » des relations avec les Européens.
Son successeur entend désormais aller plus loin en posant une question que le Labour avait jusqu'ici soigneusement évitée : jusqu'où doit aller ce rapprochement ? La réponse pourrait aller d'aménagements relativement limités des relations commerciales jusqu'à un retour complet dans l'Union.
Une telle réadhésion serait évidemment un processus long et supposerait à la fois une décision politique britannique et l'accord des États membres de l'UE. Rien n'indique à ce stade que le gouvernement Burnham ait décidé d'emprunter cette voie.
Mais dix ans après le référendum de juin 2016, le changement politique est déjà notable : le Premier ministre britannique considère désormais publiquement que revenir sur le Brexit jusqu'à réintégrer l'Union européenne est une option qui mérite d'être examinée.