Documentaire NAZA : Tsahal dénonce une « réalité déformée, trompeuse et malhonnête »
L'ambassade d'Israël en France dénonce publiquement le documentaire Naza. Dans un communiqué détaillé, Tsahal met en cause la fiabilité des témoignages anonymes, rejette l'accusation d'une frappe ayant anticipé la mort de 500 civils et conteste la présentation du rôle de l'intelligence artificielle dans ses opérations.
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
L'ambassade d'Israël en France et Tsahal contestent les accusations du documentaire Naza sur les frappes à Gaza, les victimes civiles et l'IA.
Le documentaire Naza, qui met en cause les méthodes de l'armée israélienne pendant la guerre à Gaza, suscite une riposte officielle particulièrement ferme. Dans une publication sur X, l'ambassade d'Israël en France accuse le film de présenter une réalité « déformée, trompeuse et malhonnête », en renvoyant à un communiqué de Tsahal daté du 6 octobre.
Réalisé par les cinéastes israéliens Yuval Abraham et Rachel Szor, et produit par le Guardian, le documentaire s'appuie sur les témoignages anonymes de 24 militaires et membres du renseignement israéliens. Présenté à la Mostra de Venise, où il a reçu le Prix spécial du jury, il décrit notamment les procédures d'identification des cibles et d'évaluation des pertes civiles potentielles lors des frappes à Gaza. Son titre reprend l'acronyme hébreu nezek agavi, qui désigne les « dommages collatéraux ».
Le film « Naza » présente une réalité déformée, trompeuse et malhonnête.
— Ambassade d'Israël en France (@IsraelenFrance) October 13, 2026
Voici pourquoi :
•Toutes les allégations du film reposent sur des témoins anonymes dont les identités, les rôles et les affirmations ne peuvent être vérifiés de manière indépendante. Les récits des…
Des témoignages anonymes jugés invérifiables
Dans sa réponse, Tsahal reproche aux réalisateurs de fonder leurs accusations sur des témoignages dont les fonctions exactes et les connaissances directes ne pourraient être vérifiées indépendamment.
Selon l'armée, les personnes interrogées décriraient principalement des étapes préliminaires du travail de renseignement, sans disposer nécessairement d'une vue d'ensemble des procédures de planification et d'autorisation des frappes.
Le communiqué souligne également que plusieurs opérations évoquées dans le film ne seraient accompagnées d'aucune indication suffisamment précise sur les dates, les lieux ou les cibles concernées.
Tsahal affirme par ailleurs que les réalisateurs ne lui ont pas soumis leurs accusations avant la publication du documentaire. L'armée précise toutefois avoir élaboré sa propre réponse sans disposer d'une copie du film, à partir notamment du compte rendu d'une projection publique.
L'anonymat des intervenants constitue néanmoins un choix revendiqué par les cinéastes, qui expliquent avoir voulu protéger leurs sources contre d'éventuelles représailles.
Tsahal dément catégoriquement le chiffre de 500 victimes civiles anticipées
L'un des principaux points de désaccord concerne le témoignage d'un intervenant affirmant qu'une frappe aurait été approuvée alors que la mort de 500 civils était envisagée.
Tsahal rejette formellement cette accusation. L'armée assure n'avoir jamais planifié, autorisé ou exécuté à Gaza une frappe pour laquelle un tel nombre de victimes civiles, ou un chiffre approchant, aurait été anticipé.
Elle conteste également l'idée que ses procédures permettraient automatiquement de frapper une cible dès lors que le nombre de victimes civiles potentielles resterait inférieur à un seuil déterminé.
Autre sujet de controverse : le recours à l'intelligence artificielle. Tsahal reconnaît l'utilisation d'outils technologiques dans ses processus opérationnels, mais dément que des systèmes informatiques puissent décider seuls de mener des frappes, sans intervention humaine.
L'armée affirme enfin que ses directives imposent le respect des principes de distinction, de proportionnalité et de précaution prévus par le droit international humanitaire. Elle soutient notamment qu'un avertissement d'évacuation ne dispense jamais de prendre en considération les civils demeurés sur place.
Ces déclarations constituent la position officielle de l'armée israélienne et ne permettent pas, à elles seules, de trancher les accusations soulevées par le documentaire.
La controverse oppose ainsi deux récits profondément divergents : celui des réalisateurs, qui entendent documenter les mécanismes ayant conduit à la mort de civils palestiniens, et celui de Tsahal, qui accuse le film de présenter de manière trompeuse ses procédures militaires et leurs garanties juridiques.