« Il n'y a pas de génocide à Gaza » : BHL « le dit, le répète et le martèle »
Dans son bloc-notes publié par Le Point, Bernard-Henri Lévy rejette catégoriquement la qualification de génocide concernant l'offensive israélienne à Gaza. Le philosophe dénonce l'instrumentalisation politique de cette accusation et affirme maintenir sa position malgré le coût personnel qu'elle pourrait entraîner.
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
Bernard-Henri Lévy rejette dans Le Point l'accusation de génocide à Gaza et dénonce son utilisation politique. Une prise de position qu'il assume publiquement.
« Il n'y a pas de génocide à Gaza. » C'est sous ce titre sans équivoque que Bernard-Henri Lévy signe son bloc-notes dans Le Point du 8 octobre. Le philosophe français y conteste frontalement une accusation devenue centrale dans les mobilisations propalestiniennes et dans une partie du débat politique français.
Sur X, il a accompagné la diffusion de son texte d'un commentaire tout aussi déterminé : « À dire, répéter, marteler. Même si ça me coûte probablement très cher. »
À dire, répéter, marteler. Même si ça me coûte probablement très cher. pic.twitter.com/F23oAF2ktY
— Bernard-Henri Lévy (@BHL) October 11, 2026
Pour l'essayiste, il ne s'agit pas de nier les souffrances des civils palestiniens ni de défendre indistinctement les décisions du gouvernement israélien, mais de refuser une qualification juridique qu'il juge infondée.
Une accusation qu'il estime politiquement instrumentalisée
Bernard-Henri Lévy vise notamment Jean-Luc Mélenchon et les responsables politiques qui ont fait de l'accusation de génocide un thème récurrent de leurs interventions.
Il dénonce la transformation de cette qualification en slogan militant, repris dans des manifestations, des pétitions et jusque sur des banderoles devant certains lycées français.
Son argumentation repose principalement sur la notion d'intention génocidaire. Au sens de la Convention de 1948, le génocide suppose en effet l'intention de détruire, en tout ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux en tant que tel.
BHL soutient que les avertissements adressés aux populations civiles avant certaines frappes, les évacuations et l'acheminement d'aide humanitaire sont incompatibles avec l'existence d'une politique d'extermination intentionnelle.
Il reconnaît pourtant la gravité du bilan humain et le caractère parfois insupportable des opérations militaires israéliennes. À ses yeux, cependant, la dénonciation de possibles crimes de guerre ne justifie pas automatiquement l'emploi du terme de génocide.
La question juridique qui fait débat
La position de Bernard-Henri Lévy intervient dans un contexte où la qualification juridique des opérations israéliennes demeure vivement contestée.
La Cour internationale de justice, saisie par l'Afrique du Sud, poursuit l'examen de l'affaire opposant Pretoria à Israël. Elle n'a pas encore rendu de jugement définitif sur l'existence d'un génocide. Ses décisions provisoires ne constituent donc ni une condamnation définitive ni une exonération d'Israël.
De son côté, la Cour pénale internationale a délivré en novembre 2024 des mandats d'arrêt visant Benyamin Netanyahou et l'ancien ministre de la Défense Yoav Gallant pour des accusations de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité, et non de génocide.
À l'inverse, une commission d'enquête des Nations unies présidée par Navi Pillay a conclu à l'existence d'actes génocidaires à Gaza, une conclusion rejetée par Israël. Ces appréciations ne possèdent pas la même portée juridique qu'un jugement définitif de la CIJ.
Le désaccord ne porte donc pas simplement sur l'ampleur des souffrances, mais sur la qualification des faits et sur les éléments permettant d'établir une intention de destruction.
Le refus de confondre critique d'Israël et accusation de génocide
Dans son texte, Bernard-Henri Lévy insiste également sur les massacres du 7 octobre 2023, perpétrés par le Hamas contre des civils israéliens. À l'inverse, l'intention de tuer des Juifs en tant que tels s'y est là manifestée ouvertement.
Le philosophe revendique une distinction fondamentale entre la critique légitime des opérations militaires israéliennes, la recherche de responsabilités pénales et l'accusation de génocide.
En réaffirmant publiquement sa position, il choisit d'affronter un débat où les mots engagent autant les responsabilités juridiques que les convictions politiques.
Et son message sur X laisse peu de doute sur sa détermination : malgré les réactions qu'il anticipe, Bernard-Henri Lévy entend continuer à défendre cette lecture des événements.