Embauches, licenciements : le fossé se creuse entre Bruxelles et la Wallonie
Les PME bruxelloises sont 30 % à envisager d'embaucher au quatrième trimestre, contre 22 % en Wallonie. Cette dernière affiche parallèlement les intentions de licenciement les plus élevées de Belgique, selon une enquête de SD Worx.
Publié par Demetrio Scagliola
Résumé de l'article
- 30 % des PME bruxelloises prévoient d'embaucher, contre 22 % en Wallonie.
- 18 % des PME wallonnes envisagent des licenciements, le taux le plus élevé des trois Régions.
- Industrie, Horeca et TIC affichent les plus fortes intentions de recrutement, contrairement à la cons
Les PME bruxelloises et wallonnes n’abordent pas la fin de l’année avec les mêmes perspectives. Selon la dernière enquête de SD Worx, menée du 10 au 25 septembre auprès de 413 PME belges de moins de 250 travailleurs, les intentions d’embauche restent nettement plus élevées dans la capitale.
À Bruxelles, 30 % des PME interrogées prévoient de recruter au quatrième trimestre 2026. C’est légèrement moins qu’au trimestre précédent (32 %), mais presque deux fois plus qu’un an auparavant, lorsque cette proportion n’atteignait que 17 %.
En Wallonie, 22 % des PME envisagent une embauche, contre 21 % trois mois plus tôt. La stabilité trimestrielle masque toutefois une nette dégradation sur un an : en septembre 2025, elles étaient encore 39 % à prévoir de recruter.
« Les écarts régionaux restent importants. À Bruxelles, près de trois PME sur dix prévoient d’embaucher, contre une sur cinq en Wallonie. Ces chiffres ne peuvent donc pas être interprétés comme le signe d’une reprise économique généralisée », souligne Julien Dachelet, responsable PME à Bruxelles chez SD Worx.
L'industrie et l'Horeca recrutent, la construction à la traîne
Les différences sont également importantes selon les secteurs. L'industrie affiche les intentions d'embauche les plus élevées : une PME sur deux (50 %) y prévoit des recrutements supplémentaires. Suivent l'Horeca (48 %) et les TIC (46 %).
La construction se trouve à l'autre extrémité du classement : seulement 14 % des PME du secteur envisagent de recruter.
« La dynamique positive est surtout portée par les PME de plus grande taille et par les entreprises de l’industrie, de l’horeca et des TIC », précise Julien Dachelet.
En Wallonie, des patrons très divisés sur l'activité
L’enquête montre également des perspectives de plus en plus contrastées concernant le volume de travail.
Le phénomène est particulièrement visible en Wallonie : 29 % des PME s'attendent à une hausse de leur activité au prochain trimestre, mais 24 % anticipent au contraire une diminution. Seules 48 % prévoient une activité stable.
À Bruxelles, 21 % anticipent une progression de leur volume de travail et 14 % une baisse.
« La polarisation est particulièrement marquée en Wallonie. Près de trois PME sur dix s’attendent à une hausse de leur activité, mais près d’une sur quatre prévoit en parallèle une baisse », analyse Julien Dachelet. Selon lui, les données ne traduisent « pas une amélioration générale, mais plutôt des écarts plus importants entre les entreprises ».
Cette polarisation apparaît aussi au niveau national. La proportion de PME anticipant une hausse de leur activité passe de 22 à 26 %, mais celle des entreprises prévoyant une baisse progresse également, de 15 à 19 %. Dans le même temps, la part des PME tablant sur une activité stable chute de 64 à 54 %.
18 % des PME wallonnes envisagent des licenciements
Le contraste régional apparaît enfin dans les intentions de licenciement. En Wallonie, 18 % des PME interrogées envisagent de licencier au cours du quatrième trimestre. Il s'agit de la proportion la plus élevée des trois Régions, devant la Flandre (15 %) et Bruxelles (13 %).
À l’échelle belge, 16 % des PME déclarent envisager des licenciements.
SD Worx apporte toutefois une nuance importante : tous ces licenciements éventuels ne se traduiraient pas nécessairement par une suppression nette d'emplois.
« Les PME belges sont plus nombreuses qu’au trimestre précédent à prévoir de remplacer un travailleur licencié : une sur trois (34 %), contre moins d’une sur quatre (23 %) au trimestre précédent », relève Julien Dachelet. « Un licenciement prévu ne signifie donc pas toujours qu’un emploi disparaîtra durablement. »
L'enquête dessine ainsi moins une tendance uniforme qu'un marché des PME de plus en plus fragmenté : certaines entreprises anticipent une croissance et recrutent, tandis que d'autres s'attendent à une contraction de leur activité et envisagent de réduire leurs effectifs.