En mettant X en Open Source, Musk a eu le coup de génie pour tacler les critiques de manipulation de l’algorithme
Accusé de favoriser certains courants politiques sur X, Elon Musk répond en ouvrant une partie du code de son système de recommandation. Une décision qui ne garantit pas la neutralité de la plateforme, mais oblige désormais ses critiques à étayer techniquement leurs accusations.
Publié par Nicolas de Pape
Résumé de l'article
En ouvrant une partie du code de recommandation de X, Elon Musk ne met pas fin aux soupçons de biais, mais place désormais ses accusateurs devant l’obligation de les documenter précisément.
Pendant des mois, les grands défenseurs de la transparence numérique ont dénoncé la supposée manipulation de l’algorithme de X. « X manipule ! », « l’algo de Musk est biaisé ! », « c’est de la propagande déguisée ! », « il faut réguler, censurer, interdire ! » : les accusations ont été nombreuses. De plus, elles ont été répétées sur les plateaux de télévision, dans les tribunes, sur les réseaux sociaux et jusque dans les institutions européennes.
Any censorship required by governments is now clearly visible https://t.co/eQMdoYlhkA
— Elon Musk (@elonmusk) August 15, 2026
Elon Musk était devenu, pour certains de ses détracteurs, le symbole même d’un réseau social dont l’algorithme serait utilisé pour favoriser certaines opinions. Parallèlement, il était devenu le symbole d'un réseau social qui marginalise d’autres opinions.
Mais le débat oublie parfois un détail : les interrogations sur les manipulations algorithmiques de Twitter n’ont pas commencé avec Elon Musk. L’ancien Twitter était déjà régulièrement critiqué pour son fonctionnement opaque et ses règles de modération. Certaines de ces règles étaient accusées de pénaliser certaines personnalités de droite. Son propriétaire de l’époque se situait plutôt à l’opposé de Musk, dans le camp progressiste. En effet, rappelons que Jack Dorsey a banni Donald Trump de Twitter, malgré ses quelque 80 millions d’abonnés, alors qu’il était encore président des États-Unis.
Avant même le rachat de la plateforme en 2022, les utilisateurs, les chercheurs et les responsables politiques s’interrogeaient déjà sur la manière dont Twitter décidait quels contenus devaient être davantage visibles. De plus, ils s'interrogeaient aussi sur les contenus qui devaient être relégués au second plan.
Ce qui a changé avec Musk
L’algorithme n’est donc pas devenu puissant, complexe et potentiellement influent le jour où Elon Musk a acheté Twitter. Ce qui a surtout changé, c’est la personnalité du propriétaire et la dimension politique donnée à la plateforme.
Sous l’ancienne direction, les mêmes mécanismes de recommandation existaient déjà, mais ils étaient moins souvent présentés comme l’expression directe des convictions politiques personnelles de celui qui contrôlait le réseau. Pourtant, l’influence de la direction était bien réelle.
Pour continuer la lecture, abonnez-vous ou utilisez un crédit.
Déjà abonné(e) ? Se connecter