Europe–Russie : le rapport de l’IFRI qui refroidit l’optimisme européen
Publié par A.G.
Sommaire
- Une Russie affaiblie, mais déjà en économie de guerre
- Terre : le “ventre mou” européen
- Air : une supériorité conditionnelle
- Mer : supériorité numérique européenne, mais géographie russe
- L’industrie européenne : réveil tardif, inertie profonde
- Guerre mentale et opérations hybrides : l’avantage structurel du Kremlin
- Un potentiel européen… mais une absence de volonté
- Retrouver sa volonté de puissance
Un vaste rapport de l’Ifri, publié en novembre 2025, dresse un tableau comparatif des forces européennes et russes à l’horizon 2030. Contrairement au discours rassurant souvent porté par Bruxelles, l’étude est sans complaisance : oui, l’Europe dispose d’atouts économiques et technologiques décisifs ; mais non, elle n’est pas, aujourd’hui, en mesure de soutenir seule un conflit prolongé de haute intensité face à la Russie. Un diagnostic qui rejoint les analyses les plus sceptiques, et qui ramène le Vieux Continent face à sa vulnérabilité première : la masse.
Une Russie affaiblie, mais déjà en économie de guerre
L’Ifri confirme la stagnation profonde de la Russie : économie en voie de « primitivisation », inflation persistante, fonds souverain en chute libre (partie liquide tombée à 31,5 milliards de dollars en juin 2025), dépendance accrue à la Chine, effondrement du gazoduc vers l’Europe.
Mais ce déclin n’empêche pas Moscou d’être plus prête pour la guerre que les Européens. L’industrie russe, entièrement recentrée sur l’effort militaire, tourne vite et fort : dépenses de défense au-dessus de 6 % du PIB, soutien iranien et nord-coréen, mobilisation massive des ressources humaines. Bonne croissance économique.
Terre : le “ventre mou” européen
C’est le chapitre le plus alarmant. Le rapport de force terrestre est extrêmement défavorable aux Européens. Malgré ses pertes colossales en Ukraine, la Russie conserve l’avantage décisif en matière de masse, puissance de feu et capacité de mobilisation.
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