Depuis l’enlèvement de Nicolás Maduro et la mise sous tutelle revendiquée du Venezuela, l’Europe découvre un Donald Trump décomplexé dans l’usage de la puissance et plus pressant que jamais sur le vieux fantasme géopolitique du Groenland. En quelques heures, des propos tenus au plus haut niveau à Washington, un geste de provocation assumé dans l’entourage présidentiel et une série de réactions nordiques ont transformé une lubie récurrente en crise diplomatique ouverte au sein de l’Otan.
L’affaire s’est cristallisée autour d’une formule, répétée à plusieurs reprises par le président américain. « We do need Greenland, absolutely », a-t-il affirmé, invoquant un impératif de défense. Dans la même séquence, il a justifié ce besoin par un environnement maritime qu’il dit saturé de présences russes et chinoises autour du territoire autonome danois. L’argument n’est pas nouveau dans sa bouche, mais il est désormais énoncé dans un contexte qui, pour les Européens, change tout car Washington vient de démontrer à Caracas qu’il ne se sent pas tenu par les prudences habituelles, et l’idée d’un passage à l’acte paraît, à tort ou à raison, moins inconcevable.
« Ça suffit maintenant » : Nuuk et Copenhague durcissent le ton
Le Premier ministre groenlandais, Jens-Frederik Nielsen (photo), a décidé de sortir de la retenue diplomatique. Dans un message publié sur Facebook, il a posé une limite nette. « That’s enough now », a-t-il écrit, dénonçant « la pression », les « sous-entendus » et les « fantasmes d’annexion ». Le fond de son message tient en une ligne : le Groenland se dit prêt au dialogue, mais « par les bons canaux » et « dans le respect du droit international ». La formule est sèche et vise autant la Maison-Blanche que l’écosystème politique et médiatique qui entretient, autour de Donald Trump, une mise en scène continue de la domination.
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