La Hongrie reste finalement membre de la Cour pénale internationale
Le Parlement hongrois a décidé mercredi d’annuler la procédure de retrait de la Cour pénale internationale (CPI). Une décision qui marque une rupture claire entre le nouveau Premier ministre Péter Magyar et son prédécesseur Viktor Orbán.
Publié par Vanille Dujardin
Résumé de l'article
En annulant la sortie de la CPI, Péter Magyar confirme sa volonté de rapprocher la Hongrie des institutions européennes et du droit international.
L’ancien gouvernement avait annoncé son intention de quitter la CPI, un retrait qui devait officiellement entrer en vigueur le 2 juin. Mais après la large victoire électorale de Magyar et de son parti Tisza, cette décision a été renversée. Une majorité confortable de députés a voté en faveur du maintien de la Hongrie au sein de la juridiction internationale.
Le nouveau gouvernement estime que la Hongrie doit continuer à faire partie des institutions internationales chargées de poursuivre les crimes de guerre, les génocides et les crimes contre l’humanité. Le texte adopté souligne que les auteurs des crimes les plus graves doivent pouvoir être jugés devant une juridiction internationale.
Au total, 125 pays reconnaissent la compétence de la CPI. Des puissances comme les États-Unis, la Chine ou encore la Russie n’en font toutefois pas partie. Israël ne reconnaît pas non plus la Cour.
Une rupture politique avec Orbán
Cette décision représente un tournant symbolique et politique majeur après des années de tensions entre Viktor Orbán et plusieurs institutions européennes et internationales.
Orbán avait annoncé la sortie de la Hongrie de la CPI lors d’une visite du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu à Budapest. Or, un mandat d’arrêt international a été émis contre Netanyahu par la CPI pour des accusations de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité liés à la guerre à Gaza.
Les États membres de la CPI sont théoriquement tenus d’arrêter toute personne visée par un mandat international lorsqu’elle entre sur leur territoire. La Hongrie ne l’avait toutefois pas fait lors de la visite du dirigeant israélien.
Le gouvernement Orbán considérait à l’époque que la Cour était devenue “trop politique”. Très peu de pays se sont déjà retirés de la CPI : seuls le Burundi et les Philippines l’ont fait jusqu’ici.
Magyar veut changer l’image du pays
Durant sa campagne, Péter Magyar avait déjà indiqué qu’il respecterait les mandats d’arrêt émis par la CPI. Il tente néanmoins de préserver les relations diplomatiques avec Israël. Benjamin Netanyahu resterait d’ailleurs invité aux commémorations de l’insurrection hongroise de 1956 prévues plus tard cette année.
Depuis son arrivée au pouvoir début mai, Magyar cherche à se démarquer du style Orbán. Il promet de restaurer l’État de droit, de lutter contre la corruption au sein de l’ancien appareil politique et de renforcer les liens avec Union européenne.
Avec ce vote, la Hongrie affiche désormais un changement de cap important sur la scène internationale.