Iran : l’ascension de Mojtaba Khamenei consacre la continuité du régime au cœur d’une guerre régionale
Quelques jours après la mort d’Ali Khamenei dans des frappes américaines et israéliennes, la République islamique a désigné son fils Mojtaba pour lui succéder au poste de guide suprême. Dans un contexte de guerre ouverte et de fortes tensions régionales, cette succession à la fois dynastique et stratégique vise à préserver la cohésion du régime tout en affirmant sa détermination face aux États-Unis et à Israël.
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
Après la mort d’Ali Khamenei dans des frappes américaines et israéliennes, la République islamique a choisi son fils Mojtaba comme nouveau guide suprême. Cette succession, décidée dans un contexte de guerre régionale et de fortes tensions internationales, vise à préserver la cohésion du régime tout en envoyant un signal de résistance aux États-Unis et à Israël. Figure longtemps restée dans l’ombre mais proche des Gardiens de la révolution, Mojtaba Khamenei hérite d’un pouvoir central mais fragile, confronté à la guerre, aux sanctions économiques et aux divisions internes de la société iranienne.
La République islamique d’Iran a choisi la continuité. Dix jours après la mort de l’ayatollah Ali Khamenei dans des frappes américaines et israéliennes visant son complexe résidentiel à Téhéran, l’Assemblée des experts – l’organe de 88 dignitaires religieux chargé de désigner le guide suprême – a nommé son fils Mojtaba Khamenei pour lui succéder à la tête du pays.
Âgé de 56 ans, le nouveau dirigeant devient le troisième guide suprême depuis la révolution islamique de 1979, après l’ayatollah Ruhollah Khomeini et Ali Khamenei, qui dirigeait l’Iran depuis 1989.
La décision intervient dans un contexte d’escalade militaire sans précédent. Depuis la fin février, l’Iran est la cible de frappes américaines et israéliennes visant son programme nucléaire, ses infrastructures énergétiques et ses installations militaires. Les bombardements ont tué de nombreux responsables du régime et frappé plusieurs sites pétroliers autour de Téhéran, tandis que des attaques iraniennes de drones et de missiles ont visé des bases américaines et des installations stratégiques dans le Golfe.
Dans ce contexte de guerre ouverte, la succession ne pouvait attendre. Le guide suprême occupe en effet une position centrale dans l’architecture politique iranienne. Il est à la fois chef religieux, commandant en chef des forces armées et arbitre ultime des rivalités entre les multiples centres de pouvoir du régime – gouvernement, clergé, Gardiens de la révolution, services de renseignement et milices. Sans cette autorité, le système risque de se fragmenter.
Un message politique adressé à Washington et à Tel-Aviv
Pour de nombreux analystes, la nomination de Mojtaba Khamenei constitue d’abord un signal de défiance. Le président américain Donald Trump avait publiquement affirmé que le futur dirigeant iranien devrait être « acceptable » pour Washington s’il voulait survivre politiquement. Il avait même évoqué la possibilité qu’un nouveau leadership émerge « de l’intérieur » pour conclure un accord avec les États-Unis. La désignation du fils du guide assassiné apparaît donc comme une réponse directe, et sans doute provocatrice. Selon Vali Nasr, spécialiste de l’Iran à l’université Johns Hopkins, ce choix signifie que « le régime n’a aucune intention de plier et entend résister ».
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