Jérusalem : fait inédit, le patriarche latin empêché de célébrer la messe des Rameaux au Saint-Sépulcre
Le cardinal Pierbattista Pizzaballa, patriarche latin de Jérusalem, n’a pas pu accéder à l’église du Saint-Sépulcre pour célébrer la messe du dimanche des Rameaux, une situation qualifiée d’inédite « depuis des siècles » par les autorités catholiques locales.
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
— Le patriarche latin Pierbattista Pizzaballa empêché de célébrer la messe des Rameaux au Saint-Sépulcre
— Les autorités religieuses dénoncent une mesure « disproportionnée » dans un contexte de guerre
— L’épisode suscite des réactions politiques et souligne la fragilité des chrétiens en Terre sainte
Selon un communiqué conjoint du Patriarcat latin de Jérusalem et de la Custodie de Terre sainte, le cardinal Pizzaballa ainsi que le responsable franciscain des Lieux saints ont été arrêtés en chemin par la police israélienne et contraints de rebrousser chemin, alors qu’ils se rendaient au Saint-Sépulcre à titre privé.
بيان مشترك من البطريركية اللاتينية في القدس وحراسة الأراضي المقدسة.
— Latin Patriarchate of Jerusalem (@LPJerusalem) March 29, 2026
Joint Press Release: The Latin Patriarchate of Jerusalem and the Custody of the Holy Land.https://t.co/ujB3t50j67
Cette décision a empêché, pour la première fois depuis des siècles selon les autorités ecclésiastiques, les principaux responsables catholiques de célébrer la messe du dimanche des Rameaux dans ce lieu central du christianisme, où la tradition situe la crucifixion et la résurrection du Christ.
Les responsables religieux dénoncent un « grave précédent » et une mesure « manifestement déraisonnable et disproportionnée », estimant qu’elle porte atteinte à la liberté de culte et à la sensibilité de millions de fidèles à travers le monde.
Un contexte sécuritaire exceptionnel
Cette décision intervient dans un contexte de fortes tensions régionales, alors qu’Israël a restreint les rassemblements publics depuis le début de l’offensive menée avec les États-Unis contre l’Iran fin février.
Les autorités ont notamment limité les rassemblements à une cinquantaine de personnes et fermé l’accès à plusieurs lieux saints de la Vieille ville de Jérusalem-Est, invoquant des raisons de sécurité. Ces restrictions concernent indistinctement synagogues, mosquées et églises.
Dans ce cadre, les célébrations de la Semaine sainte ont été fortement perturbées. La procession traditionnelle du dimanche des Rameaux, qui attire habituellement des milliers de pèlerins entre le mont des Oliviers et la vieille ville, a été annulée.
Réactions politiques et religieuses
L’incident a suscité des réactions au-delà du cadre local. En Italie, la chef du gouvernement Giorgia Meloni a dénoncé une « offense aux croyants », tandis que le ministre des Affaires étrangères a annoncé la convocation de l’ambassadeur d’Israël.
Sur le terrain, les autorités ecclésiastiques affirment pourtant avoir respecté strictement les consignes imposées depuis le début du conflit, en annulant les rassemblements publics et en adaptant les célébrations.
Malgré ces restrictions, des fidèles ont maintenu des offices dans des lieux secondaires, souvent à huis clos, dans une atmosphère décrite comme inhabituelle en ce début de Semaine sainte.
Une présence chrétienne en déclin
Cet épisode intervient dans un contexte plus large de recul du christianisme en Terre sainte. Selon les estimations du Patriarcat latin, les chrétiens représentaient plus de 18 % de la population de la région en 1948. Ils sont aujourd’hui moins de 2 %.
Dans ce contexte, les limitations d’accès aux lieux saints, même pour des raisons sécuritaires, revêtent une dimension particulièrement sensible, à la fois religieuse et politique.