« La criminalité organisée se rit de la Belgique », dénonce Julien Moinil
Devant les députés, le procureur du Roi de Bruxelles a réclamé l’application des mesures promises par la majorité. Malgré les enquêtes et les condamnations, il juge la réponse judiciaire trop peu crédible face aux réseaux criminels.
Publié par A JS
Résumé de l'article
Julien Moinil demande l’application des engagements fédéraux contre la criminalité organisée. Devant la Chambre, il a dénoncé le manque de moyens, les lenteurs judiciaires et les délais de placement des mineurs. Frédéric Van Leeuw a également alerté sur la pénurie à l’échelon de l’appel
Julien Moinil demande aux responsables politiques d’accélérer la mise en œuvre de l’accord de gouvernement. Auditionné mardi 20 octobre par la commission de la Justice de la Chambre, le procureur du Roi de Bruxelles a appelé à faire de la lutte contre la criminalité organisée une « cause nationale ». Une information de SudInfo et Belga.
« Hier, en chambre du conseil, un détenu a traité le magistrat de gros porc. Nous sommes méprisés parce que l’inefficacité des décisions est là. Arrêtons l’angélisme ! »
Le magistrat défend le travail des enquêteurs et des tribunaux. Selon lui, la plupart des scènes de tir sont résolues et les juridictions prononcent des peines sévères. Mais ces résultats ne suffisent pas à enrayer les violences. Il met en cause le manque de crédibilité de la réponse judiciaire face à des organisations disposant d’une puissance financière considérable.
« La criminalité organisée se rit de la Belgique », a-t-il dénoncé. Pour appuyer son constat, il a rapporté un incident survenu la veille. « Hier, en chambre du conseil, un détenu a traité le magistrat de gros porc. Nous sommes méprisés parce que l’inefficacité des décisions est là. Arrêtons l’angélisme ! »
Un parquet mobilisé, des moyens jugés insuffisants
« L’action du parquet de Bruxelles est au maximum », assure Julien Moinil, qui a notamment fait état de 18.000 déferrements au parquet. Les dossiers concernant les tirs dans la capitale ont conduit à plus de 120 incarcérations et au placement de 15 mineurs en Institution publique de protection de la jeunesse (IPPJ).
Le cadre du parquet est désormais complet. Le procureur souligne toutefois que cette situation correspond simplement aux effectifs prévus par la loi. « Je n’ai pas reçu de moyens extraordinaires. Or la crise que l’on vit est extraordinaire », a-t-il déclaré. Quant aux 30 agents venus renforcer la police judiciaire fédérale de Bruxelles, ils proviennent d’autres services.
Pour continuer la lecture, abonnez-vous ou utilisez un crédit.
Déjà abonné(e) ? Se connecter