Vous avez vu, le formateur bruxellois Yvan Verougstraete a mis sur la table l’idée d’une nouvelle taxe auto ? Concrètement, il s’agirait d’une redevance sur les véhicules aux heures de pointe, à savoir entre 7h30 et 9h, et entre 16h30 et 19h le soir. Chaque automobiliste devrait s’acquitter de cette taxe dès qu’il rentre dans une zone délimitée, qui n’a pas encore été fixée mais qui partirait du Pentagone, le centre-ville de Bruxelles.
Objectif du président des Engagés : fluidifier le trafic. LOL, fin de la blague.
Tout d’abord, si Bruxelles est « congestionnée », ce n’est pas parce que le parc automobile est spécialement dense, c’est parce que depuis 10 ans, la gauche, Ecolo en tête, a décidé de manière dogmatique que « la voiture, ce n’est pas bien ». Et donc, a pris toute une série de mesures : suppression massive de places de parking, augmentation des tarifs, piétonnisation, plans de circulation incohérents où ont poussé les sens unique et sens interdit, suppression de couloir de circulation… A cela s’ajoutent des chantiers mal préparés, mal coordonnés et qui ne respectent pas les délais.
La classe moyenne n’est pas un Mistercash
Par ailleurs, cette décision est une fois de plus ciblée sur ceux qui travaillent, ceux qui font l’effort de venir à Bruxelles ou de s’y déplacer pour faire vivre notre économie. Elle touche particulièrement la classe moyenne qui a parfois déjà du mal à joindre les deux bouts. Derrière une soi-disant envie de résoudre des problèmes de mobilité, il est surtout question d’argent. Dans une région gérée à l’emporte-pièce et qui ne sait plus respirer financièrement, c’est une manière de ramener 60 à 70 millions d’euros dans les caisses de Bruxelles. Alors, écrivons-le sans détours, la classe moyenne n’est pas un Mistercash. Et les indépendants non plus. Une taxe par ailleurs profondément injuste, car une taxe comportementale n’est juste que si tout le monde peut changer de comportement, ce qui n’est pas le cas ici.
Il est, enfin, fort possible, que cette lumineuse idée soit complexe administrativement, et finalement coûteuse. Mettre en place une telle taxe implique en effet des zones de contrôle, des systèmes de détection, la gestion juridique des recours…
Une partie des 60–70 millions annoncés sera engloutie dans la bureaucratie, réduisant l’intérêt réel de la mesure.
La gauche taxe parce qu’elle ne sait pas gérer
Lorsqu’un problème budgétaire se pose, la gauche réagit toujours de la même manière : elle taxe. Jamais elle ne commence par se demander si l’argent public est bien dépensé, si les structures sont efficaces, si les priorités sont les bonnes. Non. Le réflexe est immédiat, presque pavlovien : créer un nouvel impôt, une nouvelle taxe, une nouvelle contribution “temporaire” qui, comme toujours, devient permanente. Pourquoi ? Parce que réduire la dépense suppose de faire des choix, et que la gauche refuse par principe toute hiérarchisation. Pour la gauche, la dépense publique n’est pas un outil, c’est une vertu morale. Il est juste de dépenser de l’argent pour les habitants. Et plus l’État dépense, plus il serait protecteur. Plus il intervient, plus il serait équitable.
Cette vision est profondément infantilisante : elle considère le citoyen comme incapable de se prendre en charge sans une tutelle permanente financée par l’impôt.
Regardez ce qu’est devenu Bruxelles en 25 ans : des administrations qui s’empilent, des compétences qui se chevauchent, des subsides distribués sans évaluation, des politiques publiques qui échouent… mais qu’on refinance quand même.
Réduire les dépenses au lieu de taxer implique de supprimer des structures inutiles, de fusionner des administrations, de mettre fin à des subsides inefficaces, d’évaluer objectivement les politiques publiques. Tout cela est politiquement risqué.
Créer une taxe, en revanche, est beaucoup plus simple : on la maquille en mesure “écologique”, “solidaire” ou “de justice sociale”, et le tour est joué.
La gauche vit dans une illusion dangereuse : celle de croire que la base taxable est infinie. Or, nous savons d’expérience que trop d’impôts tuent l’investissement, trop de taxes découragent le travail, trop de pression fiscale pousse les talents ailleurs. Et c’est la raison pour laquelle il faut saluer le courage de l’Arizona ou du Ministre-président wallon Adrien Dolimont. Bien sûr, ce n’est pas simple. Et encore moins populaire. Mais réduire les dépenses, ce n’est pas être “antisocial”. C’est garantir la soutenabilité du système.
En réalité, dans le monde réel dans lequel nous vivons vraiment, l’argent public n’existe pas. C’est l’argent des citoyennes et des citoyens. Alors, avant de demander plus, les politiques doivent faire mieux avec ce qu’ils reçoivent.
Marcela Gori, vice-présidente (MR) du CPAS d’Anderlecht
(D.R.)