La Grèce, alliée discrète du commerce pétrolier de Poutine
La Grèce est rarement au centre du débat européen sur les sanctions, mais elle joue en coulisses un rôle notable dans le commerce du pétrole russe. Alors que l’UE renforce la pression sur Moscou, les armateurs grecs apparaissent comme un maillon crucial du réseau maritime qui permet aux exportations russes de se poursuivre. Cela soulève des questions de solidarité, d’intérêts économiques et de crédibilité de la politique européenne de sanctions.
Publié par Dominique Dewitte
• Mis à jour le
Résumé de l'article
Les armateurs grecs n'ont pas l'intention de laisser la Commission européenne leur dicter leur attitude vis-à-vis de la Russie de Poutine.
Le 6 février, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a annoncé un vingtième paquet de sanctions contre la Russie. Ce paquet diffère sur un point important des précédents, puisqu’il prévoit « une interdiction totale de fournir des services maritimes (assurances, transport maritime, installations portuaires) pour le transport de pétrole russe ». Il s’agit d’une rupture, car jusqu’à présent l’UE s’était limitée, avec peu de succès, à tenter de neutraliser la flotte fantôme.
Non seulement l’administration Trump a refusé d’y participer, mais la Russie s’est aussi montrée particulièrement habile pour contourner ces sanctions de manière rapide et créative, ce qui a permis à la flotte de continuer à s’agrandir. En outre, l’application internationale des sanctions est restée fragmentée et, politiquement, largement insuffisante. En d’autres termes, les sanctions rendent les exportations de pétrole plus coûteuses et plus risquées, mais elles sont loin d’entraîner un véritable arrêt.
24 février comme échéance — mais pas pour tout le monde
La Commission européenne espère désormais pouvoir formaliser, le 24 février, à l’occasion du quatrième anniversaire de l’invasion russe de l’Ukraine, l’adoption du vingtième paquet de sanctions par l’ensemble des États membres. Pour l’instant, la Grèce n’est pas acquise à cette démarche. Malte et Chypre, dans une moindre mesure, campent également sur leurs positions.
Des pétroliers grecs dans la flotte fantôme
Depuis l’invasion, les armateurs grecs se sont effectivement révélés être des alliés fiables du Kremlin. Leur opposition aux sanctions s’est manifestée dès le début de la guerre. Un rapport récent de la Kyiv School of Economics (KSE) a identifié 127 anciens pétroliers grecs comme faisant partie de la flotte fantôme russe, soit 55 % de l’ensemble des ventes examinées dans cette catégorie à l’échelle mondiale.
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