La majorité MR- Engagés veut agir contre les extrémismes de droite et de gauche
MR et Les Engagés ont déposé en Fédération Wallonie-Bruxelles une proposition de résolution pour renforcer la lutte contre les extrémismes. Le texte vise tous les radicalismes, avec un accent marqué sur l’éducation, la citoyenneté, la mémoire et l’esprit critique. PTB dans le viseur?
Publié par Demetrio Scagliola
Résumé de l'article
- Le MR et Les Engagés déposent une proposition de résolution contre les extrémismes.
- Le texte mise sur l’éducation, la citoyenneté et l’esprit critique.
- Il insiste aussi sur l’extrême gauche, sans citer explicitement le PTB.
Sommaire
Les groupes MR et Les Engagés au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles ont déposé une proposition de résolution visant à renforcer la sensibilisation aux dangers des extrémismes, des radicalisations et des populismes. Portée par les deux partis de la majorité, l’initiative met l’accent sur l’éducation, l’esprit critique, la citoyenneté et le travail de mémoire comme outils de prévention.
Dans leur communiqué conjoint, les deux formations rappellent que "la démocratie n’est jamais définitivement acquise". Elles défendent une approche "objective, pédagogique et globale", à quelques jours de la Journée internationale de la démocratie du 15 septembre.
Le texte entend renforcer, dans l’enseignement et auprès des jeunes, la connaissance des idéologies extrémistes, des régimes totalitaires et des mécanismes de radicalisation. Il insiste aussi sur la capacité à distinguer les faits des opinions, à construire une argumentation et à participer au débat démocratique.
Dans son résumé, la proposition explique qu’elle vise à "renforcer la vigilance démocratique face à toutes les formes d’extrémisme et de radicalisation", qu’elles soient politiques, religieuses ou idéologiques. Elle prévoit aussi d’élargir la sensibilisation au-delà de l’enseignement obligatoire, en mobilisant l’enseignement supérieur, le secteur de la jeunesse et l’éducation permanente.
Le texte accorde une place importante à l’éducation à la citoyenneté. Il souligne que le cours de philosophie et citoyenneté constitue "un outil fondamental pour renforcer l’esprit critique, apprendre à distinguer les faits des opinions, développer la capacité d’argumentation et encourager le dialogue démocratique".
Dans le communiqué, Loïc Jacob, chef de groupe Les Engagés, décrit la démocratie comme "un processus vivant" qui demande "un effort constant pour la maintenir en place, pour la maintenir en vie". Diana Nikolic, cheffe de groupe MR, estime pour sa part que "la démocratie ne se défend pas à la carte" et appelle à regarder "toutes les formes d’extrémisme et de radicalisation, sans complaisance et sans angle mort".
Le PTB ciblé...mais pas cité
Si la résolution vise officiellement les extrémismes de tous bords, plusieurs de ses développements s’attardent plus particulièrement sur l’extrême gauche, les crimes des régimes communistes et ce que les auteurs présentent comme une différence de traitement entre extrémisme de droite et extrémisme de gauche dans le débat public. Le document évoque ainsi les régimes se réclamant du communisme, les mouvements insurrectionnels d’extrême gauche, mais aussi la nécessité de ne pas minimiser les violences commises au nom de ces idéologies.
Sans citer explicitement le PTB, cette insistance peut être lue comme un signal politique adressé, en creux, au parti de gauche radicale, dans un contexte où la majorité entend aussi défendre une lecture symétrique des menaces pesant sur la démocratie.
La proposition défend enfin un débat public plus nuancé, fondé sur les faits et le respect des personnes. Ses auteurs écrivent qu’"une démocratie solide ne repose pas sur l’uniformité des idées, mais sur la capacité à débattre dans le respect des personnes, des institutions et des libertés fondamentales".
Concrètement, le texte demande notamment de renforcer les actions de sensibilisation, de soutenir la recherche et les initiatives menées dans les secteurs de l’enseignement, de la jeunesse et de l’éducation permanente, et de poursuivre le travail de mémoire autour des victimes des régimes totalitaires.