Le 8 mars, c’est la faillite morale de la gauche occidentale (Carte blanche)
"Dans de nombreux pays dominés par des régimes islamistes ou dictatoriaux, la femme n’est pas un individu libre." Une carte blanche de Melissa Amirkhizy, conseillère communale MR à Ganshoren.
Publié par Contribution Externe
Résumé de l'article
"La Journée internationale des droits des femmes devrait être un moment de lucidité politique. Or elle est trop souvent devenue une journée de communication où les symboles remplacent les actes et où l’idéologie remplace la réalité."
J’ai connu quarante fois le 8 mars dans ma vie et chaque année je me demandais à quoi servait réellement ce 8 mars. On parle de la Journée internationale des droits des femmes, mais de quels droits parle-t-on réellement quand des millions de femmes dans le monde n’ont même pas le droit d’exister librement ?
Car pendant que l’Occident débat de symboles, ailleurs des femmes vivent sous des systèmes politiques qui les considèrent comme des êtres inférieurs. Pendant des années, j’attendais chaque 8 mars en espérant qu’on parle enfin de nos droits internationaux et que quelqu’un vienne sauver les femmes qui vivent sous des dictatures et sous l’oppression des islamistes. Aujourd’hui, alors que certains de ces oppresseurs et terroristes islamistes sont frappés ou affaiblis, la gauche, certaines féministes et ces soi-disant bien-pensants redécouvrent soudainement le droit international.
Dans de nombreux pays dominés par des régimes islamistes ou dictatoriaux, la femme n’est pas un individu libre.
La Journée internationale des droits des femmes devrait être un moment de lucidité politique. Or elle est trop souvent devenue une journée de communication où les symboles remplacent les actes et où l’idéologie remplace la réalité.
Car la réalité est brutale. Pendant des années, je regardais cette réalité devant moi. Dans de nombreux pays dominés par des régimes islamistes ou dictatoriaux, la femme n’est pas un individu libre. Elle est juridiquement, socialement et politiquement inférieure. La loi peut considérer son témoignage comme valant la moitié de celui d’un homme. Son apparence est contrôlée. Ses déplacements sont surveillés. Son accès à la santé, à l’éducation ou au travail dépend souvent de l’autorisation d’un homme.
Dans ces sociétés, la liberté féminine n’est pas seulement limitée, elle est criminalisée.
Porter ses cheveux libres peut mener à l’arrestation. Sortir seule peut mener à l’humiliation. Dans certains cas, les femmes ne peuvent même pas aller à l’école ni travailler. La loi islamiste, fondée sur la charia, permet qu’elles soient battues jusqu’à l’os. Non pas pour leur bien-être, mais parce qu’elles n’ont même pas accès aux soins médicaux. Certaines femmes n’ont même pas le droit de parler ni de regarder par la fenêtre.
Ce ne sont pas des exceptions. Ce sont des systèmes politiques entiers qui fonctionnent ainsi. Je ne parle pas d’une réalité abstraite. Je parle d’une réalité que j’ai connue. Je sais ce que signifie vivre dans un pays où la liberté d’une femme dépend de la volonté d’un homme et où la religion est utilisée comme instrument de contrôle social. Je sais ce que signifie risquer l’arrestation simplement pour avoir revendiqué le droit de vivre comme une femme libre.
Cette expérience personnelle n’est pas seulement une histoire individuelle. Elle est un rappel d’une vérité politique fondamentale ce qui la liberté des femmes ne peut exister que dans des sociétés qui défendent clairement les principes de liberté, d’égalité devant la loi et de responsabilité individuelle.
Être une femme immigrée n’est jamais facile. Malgré le fait que, pour la première fois, j’ai ressenti ce que signifie la liberté en arrivant en Belgique, j’ai compris avec le temps que cette liberté n’est pas seulement fragilisée en Europe : elle recule, jour après jour.
Depuis des années, certaines voix politiques et militantes en Europe se présentent comme les grandes défenseuses des droits des femmes. Mais ces mêmes milieux restent étrangement silencieux lorsqu’il s’agit de dénoncer les régimes islamistes qui oppriment systématiquement les femmes. Pire encore, lorsqu’une femme issue de ces sociétés ose dénoncer ces réalités, elle est souvent attaquée, discréditée ou réduite au silence.
Le paradoxe est frappant. Une femme d’origine étrangère est souvent célébrée tant qu’elle correspond au récit idéologique dominant. Mais dès qu’elle exprime une pensée indépendante, dès qu’elle critique l’islamisme ou certaines dérives culturelles, elle devient immédiatement suspecte.
La femme de couleur qui pense librement n’est pas considérée comme une diversité, n’est-ce pas ? Parce qu’elle devient une mauvaise influence et une voix qu’il faut faire taire.
La pression devient encore plus forte lorsqu’une femme d’origine étrangère ose entrer en politique. Il existe une règle non écrite : une femme de couleur a le droit d’exister en politique seulement si elle pense à gauche. Si elle pense autrement, elle devient immédiatement une traîtresse à sa communauté, à ses origines et à l’image que certains veulent imposer.
Cette logique est profondément paternaliste. Elle nie la capacité des femmes issues de l’immigration à penser différemment des discours tout faits imposés par une partie de la société. Elle les enferme dans un rôle politique préfabriqué. Mais la liberté n’est pas un rôle, c’est un choix.
Une femme de couleur paie souvent un prix beaucoup plus élevé pour être libre qu’une femme ordinaire. Elle dérange parce qu’elle brise un récit, parce qu’elle refuse d’obéir et parce qu’elle parle.
Une chose est claire pour les bien-pensants de gauche, une femme de couleur doit rester la victime idéale. Pour certains, elle sert à obtenir des subsides. Pour d’autres, elle n’est qu’un slogan commode ou un point de plus dans un agenda politique que l’on brandit quand cela arrange.
Grand classique de la domination patriarcale, la “bonne victime” doit être digne, modeste et pure. Elle peut être sauvée, à condition de rester respectable, de ne pas troubler l’ordre moral et surtout de ne pas dire les choses qui dérangent. Quant à sa liberté, elle n’existe que lorsque et comme les bien-pensants occidentaux décident qu’elle peut exister.
Vous vous êtes déjà posé la question : pourquoi n’entend-on presque jamais quelqu’un faire réellement quelque chose pour les femmes iraniennes, à part quelques gestes ?
Parce que ces femmes ne jouent pas les victimes ; elles se battent contre les mollahs, l’islamisation et elles se battent contre les régimes islamistes qui contrôlent leur vie. Mais elles doivent aussi affronter une forme d’aveuglement idéologique en Europe, où certaines élites préfèrent défendre des abstractions culturelles plutôt que la liberté concrète des femmes.
Pour moi, cette journée sert trop souvent à justifier leur hypocrisie et leurs subsides. Le matin, certains manifestent pour défendre les mollahs et les oppresseurs de ces femmes ou proposent le dialogue avec des islamistes ou des dictateurs, et l’après-midi ils manifestent pour montrer qu’ils veulent que les femmes soient libres.
C’est pourquoi le 8 mars devrait être autre chose qu’une journée de slogans. Il devrait être une journée de vérité politique.
On ne peut pas prétendre défendre les droits des femmes tout en fermant les yeux sur les systèmes idéologiques et religieux qui les oppriment. On ne peut pas parler d’égalité tout en excusant des pratiques qui nieraient cette égalité dans n’importe quelle démocratie. Et on ne peut pas célébrer la liberté des femmes tout en cherchant à faire taire celles qui refusent de se soumettre à un récit idéologique.
La liberté des femmes ne se négocie pas. Et l’histoire finira toujours par juger ceux qui ont préféré défendre leurs bourreaux plutôt que leur liberté.
Au nom de toutes les femmes qui se battent à mains vides, sans subsides et sans le soutien des bien-pensants, mais qui finissent quand même par arracher leur liberté.