"Le seul qui s’associe à l’extrême droite, c’est toi" : le clash Magnette-Bouchez monte encore d’un cran
La décision de justice donnant raison à Paul Magnette face à l’Institut Thomas More a immédiatement relancé les tensions entre le PS et le MR. Sur les réseaux sociaux, le président socialiste et Georges-Louis Bouchez se sont violemment affrontés autour de l’extrême droite et du cordon sanitaire.
Publié par Demetrio Scagliola
Résumé de l'article
- Le tribunal estime que Paul Magnette pouvait qualifier l’Institut Thomas More d’« extrême droite ».
- Le président du PS a utilisé le jugement pour attaquer le MR et Georges-Louis Bouchez.
- Bouchez a répliqué violemment sur X, accusant Magnette de déformer la décision.
- L’affaire relance le débat sur le cordon sanitaire et les relations entre PS et MR.
La décision du tribunal de première instance du Hainaut donnant raison à Paul Magnette face à l’Institut Thomas More a rrelancé la la bataille idéologique entre le PS et le MR.
À peine le jugement rendu public, le président socialiste a réagi sur les réseaux sociaux en se félicitant de la décision et en attaquant frontalement Georges-Louis Bouchez. En cause, selon Paul Magnette, les relations entretenues entre certains libéraux et des mouvances conservatrices ou d’extrême droite. Une sortie qui a immédiatement provoqué une réponse cinglante du patron du MR sur le réseau X.
Le tribunal donne raison à Magnette sur la liberté d’expression
Dans son jugement rendu le 18 mai, le tribunal de Charleroi a débouté l’Institut Thomas More, qui poursuivait Paul Magnette après des propos tenus en 2025 sur LN24. Le président du PS avait alors qualifié ce think tank conservateur d’« extrême droite proche du RN ».
Le tribunal estime que le socialiste disposait d’une « base factuelle suffisante » pour tenir ces propos et qu’il s’est exprimé « dans les limites des droits que lui confère la liberté d’expression ».
Le juge rappelle également que la liberté d’expression protège aussi les opinions qui « heurtent, choquent ou inquiètent », particulièrement dans le cadre du débat public.
Sans qualifier lui-même officiellement l’Institut Thomas More d’extrême droite, le tribunal considère néanmoins que plusieurs éléments — profil de certains dirigeants, soutiens politiques ou prises de position autour de l’Evras — permettaient à Paul Magnette d’établir ce rapprochement.
Magnette attaque Bouchez et le MR
Dans la foulée du jugement, Paul Magnette a réagi sur le réseau X en présentant cette décision comme un désaveu politique pour le MR et son président.
Le socialiste estime que le jugement confirme que l’Institut Thomas More appartient bien à une mouvance idéologique d’extrême droite et accuse indirectement Georges-Louis Bouchez d’avoir entretenu des liens ou des proximités avec cette sphère lors de la polémique autour de l’Evras.
"Ce qui n'est pas de gauche est d'extrême droite"
La réponse de Georges-Louis Bouchez n’a pas tardé. Sur X, le président du MR accuse son rival socialiste de travestir le contenu du jugement.
« Paul, va falloir apprendre à lire un jugement… le tribunal reconnaît juste ta liberté d’expression. Mais n’est pas habilité à établir si cet institut est d’extrême droite ou pas », écrit-il.
Le président libéral poursuit en attaquant directement la vision politique de son adversaire : « Pour toi, tout ce qui n’est pas de gauche est d’extrême droite. »
Dans son message, il accuse aussi le PS d’opportunisme politique et retourne l’accusation contre les socialistes : « Le seul qui s’associe à l’extrême droite c’est toi », en référence à certains votes communs entre le PS et le Vlaams Belang concernant des renvois de textes au Conseil d’État.
Une bataille sur fond de cordon sanitaire
Cette nouvelle séquence illustre l’intensification de la confrontation entre les deux présidents de parti. Depuis plusieurs mois, Georges-Louis Bouchez dénonce ce qu’il considère comme une tentative de la gauche de disqualifier toute position conservatrice ou libérale en l’assimilant à l’extrême droite.
Au-delà du dossier judiciaire, cette affaire révèle surtout une polarisation croissante du débat politique francophone, où les accusations d’extrême droite, les questions de liberté d’expression et les guerres culturelles occupent désormais une place centrale dans l’affrontement entre le PS et le MR.