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L’exclusion de la N-VA à Bruxelles : une aberration et une faute politique majeure ! (Chronique)

par Pascal Lefevre

Une chronique de Pascal Lefèvre, chroniqueur politique indépendant

Nous voilà arrivés à près de 600 jours d’absence de gouvernement bruxellois de plein exercice, depuis les élections régionales du 9 juin 2024 : un record mondial dont les principaux responsables ne se préoccupent manifestement guère !

Qu’importent les conséquences catastrophiques sur le fonctionnement de la Région bruxelloise, la mise au frigo de multiples projets, l’état de ses finances et la double dégradation de sa note, en l’espace de quelques mois à peine, par l’agence de notation Standard & Poor’s !

Au diable, l’image renvoyée à l’étranger par la capitale de la Belgique, de l’Europe et de l’OTAN ! Tout cela est tellement secondaire…

Pour sortir enfin de l’impasse, il suffirait, une fois pour toutes, de faire sauter l’exclusive absurde et purement politicienne visant la N-VA.

Quant au déni de démocratie découlant de la circonstance patente que le gouvernement sortant, en « affaires courantes », ne représente plus que 40,01% des votes exprimés côté francophone (PS, ECOLO, DéFi) et seulement 43,45% des suffrages émis pour le collège néerlandophone (GROEN, ANDERS, VOORUIT), c’est là aussi un simple pis-aller !

Alors oui, il est temps de dire stop ! Stop à ce manque total de respect de l’électeur bruxellois, stop à cette gabegie financière, stop à l’enterrement progressif mais certain de ce qui constituait jusqu’en 2024 le « modèle bruxellois » de gestion et d’entente entre les deux principales communautés du pays !

Et pour sortir enfin de l’impasse, il suffirait, une fois pour toutes, de faire sauter l’exclusive absurde et purement politicienne visant la N-VA.

Que l’on puisse refuser de gouverner avec des partis d’extrême droite ou d’extrême gauche peut se comprendre, voire s’imposer. Mais la N-VA ne se situe à aucune de ces deux extrémités de l’échiquier politique : c’est un parti nationaliste, républicain et séparatiste — on peut le regretter —, mais se trouvant à 100% dans ce que l’on peut qualifier d’« arc démocratique » belge. Aucun « cordon sanitaire », même implicite, ne se justifie à son encontre.

Qui plus est, chaque fois qu’elle a participé au pouvoir au niveau fédéral — lors du gouvernement Michel I comme dans l’actuel gouvernement de son numéro 1 Bart De Wever —, la N-VA a accepté de mettre la réforme de l’État, des Communautés et des Régions en mode pause et a pleinement respecté les institutions existantes, y compris la fonction royale.

Enfin, faut-il encore rappeler que le PS et le FDF (prédécesseur de DéFi) n’ont pas hésité à gouverner à Bruxelles, de 1989 à 1999, sous la houlette du Ministre-Président socialiste francophone Charles Picqué, avec la Volksunie (VU), parti nationaliste flamand et confédéraliste comme la N-VA, dont elle est d’ailleurs issue, et dont le représentant au gouvernement bruxellois, Vic Anciaux, n’était pas toujours ce que l’on pourrait qualifier de« francophone compatible » ?

Alors, de grâce, il est grand temps de siffler la fin de la cour de récréation et de former un gouvernement respectueux à la fois de l’électeur francophone et de l’électeur néerlandophone !

Pascal Lefèvre, chroniqueur politique indépendant

(Photo Belgaimage : drapeau flamand à Bruxelles)

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