L’Iran des mollahs, à l’origine de l’islamo-gauchisme : ce qui explique le malaise de la gauche
Après l’élimination d’Ali Khamenei par une opération américano-israélienne, la gauche belge a immédiatement condamné l’intervention au nom du droit international. Mais cette fermeté contraste avec la prudence, voire le silence, lorsqu’il s’agit de qualifier la nature du régime iranien. Entre héritage tiers-mondiste, anti-impérialisme structurel et lecture géopolitique du monde, une tension idéologique ancienne refait surface.
Publié par Demetrio Scagliola
• Mis à jour le
Résumé de l'article
Pourquoi la gauche belge et française peine-t-elle à condamner clairement le régime des mollahs en Iran ? Si l’intervention américaine et israélienne ayant conduit à l’élimination d’Ali Khamenei a été vivement dénoncée au nom du droit international, la nature autoritaire et répressive du régime iranien est plus rarement mise en avant. Entre héritage de 1979, culture anti-impérialiste et analyse de Gilles Kepel sur l’islamo-gauchisme, cette hésitation révèle une tension idéologique profonde au sein de la gauche européenne.
Pourquoi la gauche peine-t-elle à condamner clairement le régime des mollahs et à se mobiliser en faveur d’un nouveau régime démocratique en Iran? Au lendemain de l’élimination du guide suprême iranien Ali Khamenei lors d’une opération conjointe américaine et israélienne, les réactions de la gauche belge (et française) ont été rapides et sans ambiguïté : condamnation ferme de l’intervention, dénonciation d’une violation du droit international, mise en garde contre l’escalade régionale.
De Paul Magnette à Zakia Khattabi en passant par le Parti du Travail de Belgique, la ligne est constante : on ne fonde pas un ordre mondial sur la loi du plus fort, et l’on n’installe pas une démocratie par la force des armes d’une puissance étrangère.
L’argument est cohérent. Depuis la guerre d’Irak en 2003, une partie importante de la gauche européenne a fait du respect du droit international un marqueur fort. L’unilatéralisme américain est perçu, aujourd’hui plus que jamais, comme une menace structurelle pour l’équilibre du monde. Le précédent irakien, fondé sur des armes de destruction massive inexistantes, a durablement marqué les consciences. À cela s’ajoute la conviction, souvent répétée, qu’aucune démocratie stable n’a jamais été durablement imposée de l’extérieur.
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