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Malaise dans la démocratie : comment le « Camp du Bien » fabrique de l’indignation permanente

par A.G.
Roy Rochlin / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP

Dans un entretien dense accordé au Point et mené par Peggy Sastre, le psychologue social américain Jonathan Haidt (photo) met des mots précis sur un malaise démocratique devenu structurel : la transformation du débat public en compétition permanente d’indignations. Non pas par accident, mais parce que notre architecture psychologique s’y prête, et que certains acteurs savent l’exploiter avec une redoutable efficacité, notamment dans le « Camp du Bien ».

Depuis plus de quinze ans, Haidt n’analyse pas les colères politiques pour en arbitrer le contenu, mais pour en comprendre la mécanique. Sa thèse centrale, rappelée dans l’interview, est dérangeante pour les démocraties libérales : l’intuition morale précède toujours le raisonnement. Nous jugeons d’abord, nous argumentons ensuite. La raison n’est pas un arbitre neutre, mais un avocat chargé de défendre une position déjà adoptée.

Escalade émotionnelle permanente

Ce constat prend aujourd’hui une dimension politique explosive. Selon Haidt, les sociétés démocratiques sont entrées dans une phase d’« escalade émotionnelle permanente ». La colère publique ne retombe plus. Elle devient un bruit de fond continu. Dans ce contexte, explique-t-il, « il est extrêmement facile pour ce que l’on pourrait appeler des entrepreneurs moraux d’attiser en continu l’indignation autour de leurs causes particulières ».

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