Malgré les tensions, Washington et Moscou poursuivent leur coopération dans l'espace
Un astronaute américain et deux cosmonautes russes ont rejoint mardi la Station spatiale internationale pour une mission de huit mois. Ce nouveau vol confirme la poursuite de la coopération entre la NASA et Roscosmos malgré les tensions persistantes entre Washington et Moscou.
Publié par A JS
Résumé de l'article
Trois astronautes, dont l'Américain Anil Menon, ont rejoint la Station spatiale internationale pour une mission de huit mois. Ce lancement confirme la poursuite de la coopération entre la NASA et Roscosmos, malgré les tensions politiques entre les États-Unis et la Russie depuis le début de la guerre en Ukraine.
Un nouvel équipage a rejoint mardi la Station spatiale internationale (ISS) après un lancement réussi depuis le cosmodrome de Baïkonour, au Kazakhstan. Le vaisseau Soyouz MS-29 de Roscosmos a décollé à l'heure prévue avant de s'amarrer automatiquement à l'ISS environ trois heures plus tard.
À son bord prennent place l'astronaute américain Anil Menon ainsi que les cosmonautes russes Piotr Dubrov et Anna Kikina. Leur mission doit durer huit mois.
Il s'agit du premier vol spatial d'Anil Menon. Piotr Dubrov et Anna Kikina effectuent, eux, leur deuxième mission dans l'espace.
Une coopération qui perdure sur la Station spatiale internationale
Le nouvel équipage rejoint les astronautes américains Jessica Meir, Jack Hathaway et Chris Williams, l'astronaute française de l'Agence spatiale européenne Sophie Adenot, ainsi que les cosmonautes russes Sergei Kud-Sverchkov, Sergei Mikaev et Andrei Fedyaev.
Le lancement s'est déroulé sous les yeux de Jared Isaacman, administrateur de la NASA. Il s'agissait de la première visite d'un responsable de l'agence américaine à Baïkonour depuis huit ans.
Avant le décollage, Jared Isaacman a rencontré le directeur général de Roscosmos. Il a salué le travail accompli par les équipes des deux agences pour préparer cette mission. Il a estimé que leur collaboration témoignait « du professionnalisme et du dévouement de tous les participants ».
Le responsable américain s'est également entretenu avec le vice-Premier ministre russe Denis Mantourov. Les discussions ont porté sur l'avenir de la Station spatiale internationale ainsi que sur d'autres projets de coopération.
Une collaboration limitée par le contexte géopolitique
La coopération entre les États-Unis et la Russie dans l'espace se poursuit malgré les fortes tensions diplomatiques apparues après l'invasion de l'Ukraine par Moscou en 2022.
Les deux pays continuent d'échanger des places à bord de leurs vaisseaux afin d'assurer une présence permanente de leurs astronautes sur l'ISS. Cette organisation permet de maintenir les opérations de la station même en cas d'indisponibilité temporaire d'un système de transport.
En revanche, les ambitions d'une coopération plus large n'ont pas abouti. La Russie ne participe plus au programme lunaire Artemis de la NASA. Roscosmos s'est progressivement tournée vers la Chine pour développer ses projets d'exploration lunaire.
Ce rapprochement intervient alors que les sanctions occidentales compliquent l'accès de la Russie à certaines technologies et renforcent sa dépendance économique envers Pékin.