Réseaux sociaux : l’Europe avance vers un accès gradué des mineurs
Ursula von der Leyen défend désormais un accès progressif aux réseaux sociaux selon l’âge. Derrière ce virage européen, le débat belge rappelle qu’une limite d’âge ne suffira pas sans obligations concrètes imposées aux plateformes.
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
Ursula von der Leyen défend un accès progressif des mineurs aux réseaux sociaux. Au-delà de l'âge minimum, l'Union européenne veut désormais imposer aux plateformes une responsabilité accrue dans la protection des jeunes.
Le débat européen sur les mineurs et les réseaux sociaux a changé de nature. Le 13 juillet, Ursula von der Leyen a défendu le principe d’un accès progressif selon les âges, à l’issue des travaux d’un groupe spécial consacré à la sécurité des enfants en ligne. La présidente de la Commission européenne ne s’est pas engagée sur un seuil unique pour tous les adolescents, mais elle a clairement admis que l’Union devait aller au-delà des avertissements adressés aux grandes plateformes.
Le rapport remis à Bruxelles recommande de restreindre l’accès des moins de 13 ans tant que les fournisseurs de services numériques ne démontrent pas que leurs produits sont sûrs dès leur conception. Il invite aussi les Etats membres à examiner des précautions supplémentaires pour les jeunes plus âgés. Autrement dit, l’âge devient un levier politique, mais le coeur du dispositif visé concerne désormais la responsabilité des entreprises qui organisent les fils de contenus, les notifications et la collecte de données.
Une bascule dans le rapport de force
Cette évolution est décisive parce qu’elle déplace la charge de la preuve. Pendant des années, les plateformes ont pu invoquer leurs conditions d’utilisation, souvent fixées à 13 ans, et renvoyer aux parents la vérification effective de l’âge. Dans les faits, une date de naissance déclarative ne protège ni contre les contenus violents, ni contre le harcèlement, ni contre les mécanismes de sollicitation permanente qui structurent une part importante de l’économie de l’attention.
La Commission dispose déjà du règlement sur les services numériques, qui impose aux plateformes accessibles aux mineurs de réduire les risques auxquels ils sont exposés. Ses lignes directrices publiées en 2025 recommandent notamment des comptes privés par défaut, des systèmes de recommandation moins dépendants des signaux comportementaux, la désactivation de fonctions favorisant l’usage excessif et des outils de signalement plus effectifs. Elles prévoient aussi des garanties contre le téléchargement ou la capture de contenus publiés par des mineurs.
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