Mocassins, chaussettes de sport et pantalon informe : la génération Z réinvente l’élégance
Pantalons informes, mocassins sur chaussettes de sport, chemises qui tombent mal, mélanges d’époques et de styles sans cohérence : le laisser-aller vestimentaire de la génération Z n’est peut-être pas qu’une affaire de goût. Il raconte aussi la disparition des codes, des sous-cultures et du vêtement comme langage social.
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
Le vêtement fut longtemps un langage : il disait une appartenance, un milieu, parfois une ambition. Chez la génération Z, ce vocabulaire semble voler en éclats. Le New York Times s’interroge sur cette mode du dépareillé où l’on peut désormais tout porter avec tout — avec des résultats inégaux.
Sommaire
- Le règne du vêtement qui n’a plus besoin d’aller ensemble
- Internet a transformé la garde-robe en buffet à volonté
- Le problème n’est pas seulement que ce soit laid
- L’élégance victime de la tyrannie de l’authenticité
- Quand le négligé lui-même devient soigneusement acheté
- La disparition des tribus
- Une génération qui refuse d’être lisible
- Le vêtement disait autrefois : « voilà qui je suis »
Il y avait autrefois quelque chose de presque rassurant dans la mode jeune : même lorsqu’elle était affreuse, elle signifiait quelque chose.
Un blouson, une coupe de pantalon, une paire de bottes, la manière de retrousser ses manches ou de porter ses cheveux permettaient de situer immédiatement celui qui les portait. Punk, gothique, skateur, métalleux, étudiant sage, rock indépendant, sportif : le vêtement n’était pas seulement une enveloppe, mais un vocabulaire.
Thomas Morton, ancien rédacteur en chef de Vice, raconte dans une chronique publiée par le New York Times qu’il ne comprend plus rien à ce langage. Et pour cause : il aurait largement disparu.
À force d’observer les moins de 30 ans dans le bar de Chicago où il travaille aujourd’hui, Morton décrit une génération qui semble moins avoir inventé une nouvelle mode que désappris le principe même de la tenue.
Jeans immenses avec blazer, gilets rentrés dans des pantalons camouflage, t-shirts par-dessus des robes, mocassins avec chaussettes de sport, chemises trop grandes, pantalons à la mauvaise longueur : tout semble désormais pouvoir être associé à tout. Avec une constante : cela tombe souvent mal.
Le règne du vêtement qui n’a plus besoin d’aller ensemble
Il faut évidemment se méfier de l’éternelle tentation des adultes de considérer que la génération suivante s’habille plus mal qu’eux.
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