Philippe Karsenty: "Avec Trump, il faut regarder les actes, pas se laisser hypnotiser par les phrases"
Porte-parole du Comité Trump France, Philippe Karsenty livre à 21News sa lecture de Donald Trump, de sa méthode, de sa vision stratégique et de la guerre contre l’Iran. Dans cet entretien dense, il défend un président américain qu’il juge souvent caricaturé, critique la faiblesse européenne et estime que le régime iranien a subi un revers majeur, en dépit des apparences diplomatiques. Selon lui, il faut apprendre à "lire le Trump" avant de le juger.
Publié par Nicolas de Pape
Résumé de l'article
-Philippe Karsenty décrypte la méthode et la vision stratégique de Donald Trump, qu’il estime largement caricaturées.
-Il défend un leadership assumé face à l’Iran, qu’il juge affaibli malgré les apparences diplomatiques.
-L’entretien met en avant une lecture offensive de la politique étrangère américaine.
-Il pointe en creux la faiblesse et l’indécision de l’Europe sur ces enjeux.
21News : Beaucoup disent que Donald Trump est incohérent, fou, chaotique, qu’il fait n’importe quoi. Que répondez-vous à cela ?
Philippe Karsenty : Il faut arrêter d’écouter seulement ce qu’il dit et regarder ce qu’il fait. On se focalise trop sur sa communication, qui est peut parfois paraître incohérente, y compris pour ses plus grands soutiens. Il peut partir dans tous les sens, dire des choses excessives, maladroites, inutiles. C’est une réalité. Mais si l’on regarde objectivement sa politique, ses actes, alors on voit autre chose. Moi, je considère que c’est le seul homme politique vraiment courageux qu’on ait eu depuis très longtemps.
21News : Qu’est-ce qui vous a amené à l’apprécier à ce point ?
Philippe Karsenty : Sa politique, tout simplement. J’ai observé son premier mandat, ses résultats, ses décisions. Je n’ai aucun a priori et aucun dogmatisme. Cela m’arrive de le critiquer. Quand il dit, par exemple, qu’il va "renvoyer l’Iran à la poussière", je trouve cela absurde. Ce genre de formule ne sert à rien. Mais cela ne doit pas faire perdre de vue l’essentiel. Il faut cesser de passer son temps à analyser ses outrances verbales et essayer de comprendre sa logique. Le vrai problème, c’est que beaucoup de gens n’arrivent pas à le « lire ».
Le fil rouge, c’est d’abord le bon sens. Quand il revient au pouvoir et dit qu’il n’existe que deux sexes, les hommes et les femmes, c’est révolutionnaire uniquement parce qu’on vit dans un monde qui a perdu le sens de l’évidence. C’est quelque chose de naturel, et pourtant il faut à nouveau le rappeler.
21News : Si l’on reprend ce qu’il a déjà accompli en quelques mois – la critique de l’antisémitisme au sein des universités, la lutte contre le wokisme, Maduro, le Groenland, l’Ukraine, Gaza - on a l’impression d’un bulldozer. Quel est, selon vous, le fil rouge ?
Philippe Karsenty : Le fil rouge, c’est d’abord le bon sens. Quand il revient au pouvoir et dit qu’il n’existe que deux sexes, les hommes et les femmes, c’est révolutionnaire uniquement parce qu’on vit dans un monde qui a perdu le sens de l’évidence. C’est quelque chose de naturel, et pourtant il faut à nouveau le rappeler.
Ensuite, il y a sa lecture des menaces. Il considère que l’Iran est aujourd’hui le plus grand danger pour la planète, non pas au sens écologique, mais au sens géopolitique et militaire. D’un côté, on vous parle de dangers à cinquante ou cent ans. Lui vous dit : si on ne fait rien, dans un an l’Iran peut avoir l’arme atomique. Il raisonne en danger concret et immédiat.
Parallèlement, il a compris que la Chine a un objectif clair : supplanter les États-Unis. Lui veut maintenir les États-Unis comme première puissance mondiale. Il a donc une vision stratégique. Elle est intuitive, parfois brutale, mais elle existe.
21News : Vous estimez donc qu’il agit selon une ligne très claire ?
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