Iran : le sauvetage fou qui a sauvé Trump d’un désastre
Abattu au-dessus de l’Iran, un F-15E américain a précipité Washington dans l’un des épisodes les plus périlleux de la guerre. Pendant près de quarante-huit heures, les États-Unis ont déployé une armada aérienne, une tromperie orchestrée par la CIA et des forces spéciales en territoire hostile pour récupérer un officier blessé traqué dans la montagne. Derrière le récit héroïque vendu par Donald Trump, l’opération révèle tout à la fois la puissance intacte de l’appareil militaire américain, la vulnérabilité de ses avions au-dessus de l’Iran et le prix exorbitant d’un principe que Washington ne renonce jamais à afficher : ne laisser personne derrière.
Publié par Harrison du Bus
• Mis à jour le
Résumé de l'article
— Un F-15E américain abattu au-dessus de l’Iran a déclenché une course contre la montre pour empêcher la capture d’un officier blessé caché dans les montagnes
— Les États-Unis ont engagé plus de 150 appareils, la CIA, des forces spéciales et une vaste opération de déception pour l’exfiltrer après près de quarante-huit heures
— Derrière le récit héroïque de Trump, ce sauvetage révèle à la fois la puissance de l’appareil militaire américain, ses vulnérabilités au-dessus de l’Iran et l’enjeu politique immense d’un tel incident
Il y a des opérations qui résument une guerre mieux qu’un mois de communiqués. Celle-ci en fait partie. Vendredi, un F-15E Strike Eagle américain est abattu au-dessus de l’Iran, fait exceptionnel dans un conflit où Washington prétendait avoir acquis la supériorité aérienne. L’un des deux membres d’équipage est récupéré rapidement. L’autre, un colonel, officier systèmes d’armes, disparaît dans un relief hostile, blessé, isolé, traqué, à plusieurs kilomètres de tout appui, alors que les forces iraniennes et des groupes armés locaux se lancent à sa recherche. En quelques heures, ce qui n’aurait dû être qu’un épisode tactique devient pour la Maison-Blanche une crise majeure, presque un piège politique.
Un avion abattu, puis la hantise du prisonnier américain
Le choc initial est considérable. Le F-15E, appareil biplace de frappe en profondeur, est touché jeudi soir, et les deux hommes s’éjectent séparément. Le pilote est localisé et extrait dans la foulée, mais non sans coût : durant cette première phase, un A-10 chargé de couvrir la mission est frappé par des tirs ennemis, devient inutilisable pour un atterrissage et son pilote doit s’éjecter en zone amie ; des hélicoptères HH-60 reçoivent aussi des impacts, causant des blessures légères à bord. Même la mission de récupération du premier homme se déroule sous un feu nourri, preuve que l’Iran conserve, au moins localement, une capacité de nuisance réelle contre les moyens américains.
Le second aviateur, lui, devient instantanément l’enjeu absolu. Selon les récits rapportés, il est armé d’un pistolet, formé à la survie, à l’évasion et à la résistance, grimpe vers les hauteurs pour éviter la zone du crash, soigne lui-même ses blessures et réduit l’usage de sa balise de peur qu’elle ne serve aussi à ses chasseurs. Il se cache dans une crevasse, puis sur une ligne de crête, pendant que les Iraniens offrent une récompense pour sa capture et mobilisent gardiens de la révolution, miliciens et forces locales. À cet instant, pour Washington, le pire scénario n’est pas seulement la mort d’un officier supérieur. C’est l’image d’un Américain capturé vivant, exhibé par Téhéran, en pleine guerre, après qu’un avion américain a déjà été perdu.
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