Pour gagner la course à l’IA, Meta ouvre ses portes à Wall Street
Pour financer son offensive dans l’intelligence artificielle, Meta explore des montages financiers jusqu’ici inhabituels dans la Silicon Valley. Entre dette, fonds souverains et partenariats géants, le groupe de Mark Zuckerberg prépare un programme d’investissement pouvant atteindre 600 milliards de dollars.
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
Meta explore de nouveaux financements avec Wall Street et les fonds souverains pour soutenir un programme d’investissement massif dans l’intelligence artificielle.
Pendant deux décennies, Meta a bénéficié d’un modèle économique exceptionnel. Les revenus publicitaires de Facebook et d’Instagram généraient suffisamment de liquidités pour financer la croissance du groupe sans bouleverser sa structure financière. Cette époque touche désormais à sa fin.
L’offensive lancée par Mark Zuckerberg dans l’intelligence artificielle exige des moyens d’une ampleur inédite. Centres de données géants, puces spécialisées, énergie, recrutement des meilleurs chercheurs : l’addition atteint désormais des niveaux que même les géants technologiques peinent à absorber seuls. Face à cette nouvelle réalité, Meta se tourne vers Wall Street et les grands investisseurs mondiaux.
Selon le Financial Times, Dina Powell McCormick, présidente de Meta depuis janvier, pilote activement cette transformation. Ancienne dirigeante de Goldman Sachs et ancienne responsable de l’administration Trump, elle multiplie les discussions avec les plus grandes institutions financières de la planète afin d’imaginer de nouveaux schémas de financement pour les ambitions du groupe.
L’intelligence artificielle change les règles du jeu
L’intelligence artificielle est souvent présentée comme une révolution logicielle. Pourtant, la bataille se joue de plus en plus sur le terrain des infrastructures.
Meta prévoit jusqu’à 145 milliards de dollars de dépenses d’investissement dès cette année et envisage d’investir jusqu’à 600 milliards de dollars aux États-Unis d’ici 2028. À titre de comparaison, ces montants dépassent largement les programmes d’investissement de nombreux États.
L’objectif est de construire des capacités de calcul gigantesques. Zuckerberg évoque désormais la création de « centaines de gigawatts » de puissance informatique au cours des prochaines décennies. Chaque gigawatt de capacité représente des dizaines de milliards de dollars d’investissement et une consommation énergétique comparable à celle d’un réacteur nucléaire.
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