Meta supprime 8.000 emplois pour financer sa course à l’IA
Meta va supprimer environ 10 % de ses effectifs, soit près de 8.000 postes, et renoncer à 6.000 recrutements prévus. Le groupe de Mark Zuckerberg cherche à compenser l’explosion de ses investissements dans l’intelligence artificielle, notamment dans les data centers.
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
Meta supprime 8.000 emplois et abandonne 6.000 recrutements pour compenser ses investissements massifs dans l’intelligence artificielle.
Meta poursuit sa mue au pas de charge. La maison mère de Facebook, Instagram et WhatsApp a annoncé en interne une nouvelle vague de licenciements touchant environ 8.000 salariés, soit 10 % de ses effectifs. Le groupe va également abandonner 6.000 postes qui devaient être pourvus.
Dans un mémo adressé aux employés, la direction justifie cette décision par la nécessité de « gérer l’entreprise plus efficacement » et de compenser les autres investissements en cours. Derrière cette formule se trouve le choix stratégique central de Mark Zuckerberg : engager Meta dans une course massive à l’intelligence artificielle.
Le prix social de l’IA
Le groupe prévoit d’investir entre 115 et 135 milliards de dollars cette année, principalement dans les infrastructures nécessaires à l’IA, des puces aux centres de données. Meta veut bâtir ce que Zuckerberg appelle une « superintelligence personnelle », intégrée à ses produits et accessible à ses milliards d’utilisateurs.
Mais cette ambition coûte cher. Les marchés s’inquiètent déjà du niveau des dépenses, tandis que les salariés encaissent une nouvelle restructuration après plusieurs années de plans sociaux, réorganisations et coupes internes. Les personnes concernées devraient être informées le 20 mai et recevoir une indemnité de départ.
Cette vague de licenciements s’ajoute aux réductions précédentes. Meta avait déjà supprimé 11.000 postes fin 2022, puis 10.000 autres en 2023, avant de nouvelles coupes dans certaines divisions, notamment Reality Labs.
Une entreprise remodelée par l’automatisation
La décision intervient aussi dans un contexte plus profond : Meta veut faire de l’IA un outil central de productivité interne. Le groupe pousse ses employés à intégrer ces technologies dans leur travail quotidien, y compris dans le code, la gestion de projets ou l’analyse de données.
Cette transformation nourrit toutefois un malaise. Selon plusieurs informations internes, Meta souhaiterait utiliser des données liées au travail des employés — mouvements de souris, frappes clavier, clics ou contenus d’écran — afin d’entraîner des agents capables d’accomplir certaines tâches de manière autonome. Beaucoup y voient un paradoxe brutal : les salariés contribueraient à former les outils susceptibles, demain, de les remplacer.
Au fond, ces licenciements ne traduisent pas seulement une recherche d’économies. Ils signalent une recomposition du travail dans la tech : moins d’équipes, plus d’automatisation, davantage d’investissements matériels, et une pression accrue pour produire plus avec moins.
Meta n’abandonne pas la croissance. Elle change simplement la nature de ses paris. Et, cette fois, ce sont les salariés qui en paient une partie du coût.