SNCB : fin de la vente de billets à bord dès juillet
À partir du 1er juillet, il ne sera plus possible d'acheter son billet de train à bord en Belgique. La SNCB met fin à cette pratique pour des raisons de sécurité et de lutte contre la fraude, suscitant cependant la colère d'associations d'usagers et de syndicats.
Publié par Rédaction
Résumé de l'article
Dès le 1er juillet, la SNCB supprimera la vente de billets à bord afin de renforcer la sécurité du personnel et de lutter contre la fraude. Cette mesure, décidée par la compagnie ferroviaire, est vivement contestée par les usagers et les syndicats.
Pour pouvoir voyager, les navetteurs devront impérativement disposer d'un titre de transport valide avant de monter dans un train. Actuellement, les personnes qui n'en sont pas munies peuvent acheter un billet à bord avec un supplément de 9 €. Selon un communiqué de la SNCB, la compagnie ferroviaire supprimera cette option dès le 1er juillet prochain afin de réduire les incidents liés aux contrôles.
Sécurité du personnel
En 2025, la SNCB a recensé 2.602 agressions contre son personnel, contre 2.103 un plus tôt, dont plus de 40 % impliquant des violences physiques. Estimant que les ventes à bord exposaient les accompagnateurs à des risques inutiles, la société veut permettre à ses agents de se concentrer sur leurs tâches essentielles : assurer la sécurité, informer et assister les passagers et contrôler les titres de transport.
Les contrevenants se verront remettre un QR code les invitant à régulariser leur situation sous 14 jours. S'ils peuvent prouver qu'ils détenaient un titre valide, aucune amende ne sera imposée. Faute de justificatif, ils devront s'acquitter de 90 €. Au-delà du délai, la pénalité sera grimper à 250 €, voire 500 € en cas de récidive. La SNCB aligne ainsi ses pratiques sur celles des autres compagnies européennes et espère responsabiliser davantage les voyageurs.
L'entreprise affirme que la mesure vise aussi à limiter la fraude, qui lui coûte chaque année plusieurs dizaines de millions d'euros. En 2025, les contrôles ont d'ailleurs augmenté de 50 %.
Réaction d'associations d'usagers
Toutefois, les associations d'usagers jugent la décision « scandaleuse » et « humiliante pour les usagers de bonne foi ». Elles dénoncent une mesure pénalisant les voyageurs dépourvus de smartphone ou de distributeur automatique dans les gares rurales : 15 points d'arrêt, dont 12 en Wallonie, en seraient encore dépourvus.
La CGSP Cheminots/ACOD s'interroge
Qu'elle sera la procédure interne suivie ? Le syndicat souligne que l'analyse des risques concernant la sécurité du personnel n'est pas encore achevée et doit encore être soumise aux comités de prévention. Il estime que la SNCB a agi précipitamment, notamment parce qu'une dérogation du SPF Économie l'exonérant de l'obligation d'accepter les paiements en espèces expirera fin juillet.
De son côté, la SNCB insiste sur le fait que ce calendrier n'a fait qu'accélérer la mise en œuvre d'une décision déjà actée.