Ukraine : comment l’« opération Vivaldi » a permis à Kiev de reprendre 176 km² aux Russes
L’Ukraine affirme avoir repris 176 km² dans le nord du Donbass grâce à l’« opération Vivaldi ». Derrière ces gains se dessine une méthode nouvelle : aveugler les drones russes, frapper leur logistique et envoyer des robots terrestres derrière leurs lignes avant l’infanterie.
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
L’Ukraine affirme avoir repris 176 km² dans le Donbass avec l’« opération Vivaldi ». Brouillage des drones russes, frappes logistiques, robots déposés derrière les lignes et infanterie : une méthode qui intéresse déjà les analystes militaires.
Sommaire
- Un champ de bataille devenu presque transparent
- Première étape : rendre les Russes temporairement « aveugles »
- Couper les troupes russes de leur ravitaillement
- Des robots déposés derrière les lignes russes
- Les soldats restent indispensables
- Pourquoi « Vivaldi » ?
- Une menace sur le « corridor fortifié » ukrainien
- Le retour de la guerre de mouvement ?
Sur un front ukrainien où chaque mouvement est désormais observé par des milliers de drones, les grandes percées semblaient appartenir au passé. L’« opération Vivaldi », menée depuis plusieurs mois dans le nord de la région de Donetsk, pourrait avoir trouvé une manière de contourner provisoirement cette difficulté.
Le 3e corps d’armée ukrainien affirme avoir repris 176 km² de territoire et cinq localités au cours de cette contre-offensive menée dans le secteur de Lyman. Lors de la dernière phase annoncée lundi, 51 km² supplémentaires seraient repassés sous contrôle ukrainien.
Les villages de Nove, Ridkodoub et Katerynivka auraient été libérés, tandis que les forces ukrainiennes auraient repris le contrôle de Karpivka et Novomykhaïlivka. Le commandant du corps, le général Andriy Biletsky, affirme également que plus de 250 soldats russes ont été capturés.
Ces chiffres proviennent en grande partie de l’armée ukrainienne et ne peuvent pas tous être vérifiés indépendamment. Mais la progression territoriale est suffisamment documentée pour que l’Institute for the Study of War (ISW) considère que l’opération a obtenu un résultat « significatif au niveau opérationnel » en perturbant les projets russes dans cette partie du Donbass.
L’intérêt de Vivaldi dépasse cependant le nombre de kilomètres carrés reconquis. La manière dont l’Ukraine a obtenu ces gains est désormais étudiée par les spécialistes militaires.
Un champ de bataille devenu presque transparent
Le problème auquel se heurtent depuis plusieurs années les deux armées est relativement simple : il est devenu extrêmement difficile de déplacer discrètement une concentration importante de soldats et de véhicules.
Des dizaines de milliers de drones de reconnaissance et d’attaque évoluent en permanence au-dessus de la ligne de front. Ils repèrent les mouvements adverses et permettent de transmettre rapidement leurs coordonnées à l’artillerie ou à d’autres drones.
Le colonel Markus Reisner, analyste militaire de l’armée autrichienne, décrit ainsi un « champ de bataille transparent » entouré d’une zone de destruction qui peut atteindre plusieurs dizaines de kilomètres de profondeur.
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