Un ambassadeur de France a fait venir une trentaine de femmes dans son ambassade et reconnaît des relations sexuelles
L’ambassadeur de France en Centrafrique, Bruno Foucher, fait l’objet d’une procédure disciplinaire du Quai d’Orsay. Il aurait reçu une trentaine de jeunes femmes dans ses appartements privés entre 2024 et 2026 et reconnaît avoir eu des relations sexuelles avec deux d’entre elles.
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
L’ambassadeur de France en Centrafrique aurait reçu une trentaine de jeunes femmes dans sa résidence à Bangui. Il reconnaît des relations sexuelles avec deux d’entre elles.
Le Quai d’Orsay a ouvert une procédure disciplinaire contre l’ambassadeur de France en République centrafricaine, Bruno Foucher. En cause : les nombreuses visites de jeunes femmes reçues par le diplomate dans ses appartements privés au sein de la résidence de l’ambassadeur à Bangui.
Selon Le Canard enchaîné, qui affirme avoir consulté le rapport d’une inspection menée sur place, une trentaine de jeunes femmes auraient ainsi fréquenté la résidence entre janvier 2024 et mars 2026. Les allées et venues auraient fini par inquiéter les services chargés de la protection du diplomate, qui ont signalé un possible problème de sécurité.
Alerté, le ministère français des Affaires étrangères a dépêché une inspection à Bangui en avril. Celle-ci a débouché sur l’ouverture d’une procédure disciplinaire, confirmée mardi par le Quai d’Orsay à l’AFP.
Une quinzaine de visites par mois
D’après les éléments rapportés par l’hebdomadaire, Bruno Foucher recevait jusqu’à une quinzaine de visites par mois. Il aurait également donné des instructions permettant à l’une de ces femmes de séjourner dans la résidence alors que lui-même en était absent.
Interrogé à deux reprises dans le cadre de l’enquête administrative, l’ambassadeur aurait reconnu avoir entretenu des relations sexuelles avec deux de ces femmes.
Aucune infraction pénale n'est évoquée dans les éléments rapportés. C'est notamment la sécurité d'une représentation diplomatique française et le comportement attendu d'un haut fonctionnaire à l'étranger qui sont au cœur de la procédure. Les sanctions susceptibles d'être prononcées dans le cadre disciplinaire peuvent aller du blâme jusqu'à la radiation de la fonction publique ou à une mise à la retraite d'office.
Une ambassade dans un pays sous forte influence russe
L’affaire prend une dimension particulière en raison du poste occupé par Bruno Foucher. La Centrafrique est devenue au cours des dernières années l’un des principaux points d’ancrage de l’influence russe en Afrique.
Des structures issues du groupe Wagner y restent implantées, notamment autour de la protection du président Faustin-Archange Touadéra. Paris accuse par ailleurs régulièrement Moscou de mener des campagnes informationnelles destinées à affaiblir l’influence française sur le continent.
La polémique intervient précisément au moment où la France tente de reconstruire ses rapports avec Bangui. Après plusieurs années de relations très dégradées parallèlement à la montée de l'influence russe, un rapprochement s'est amorcé à partir de 2024.
En mars dernier, le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, s'était ainsi rendu dans la capitale centrafricaine et avait salué la « restauration complète des relations » entre les deux pays. Il s'agissait de la première visite française de ce niveau depuis 2018.
La procédure visant l'ambassadeur intervient donc à un moment diplomatique particulièrement délicat. Elle devra désormais déterminer si les pratiques constatées constituent des manquements suffisamment graves pour justifier une sanction.