« Un hold-up sur le Parti socialiste » : Ségolène Royal accuse Glucksmann de vouloir gagner la primaire pour s’allier avec la droite
Ségolène Royal accuse Raphaël Glucksmann de vouloir s'emparer de la primaire socialiste avant d'utiliser le « butin » du PS pour se rapprocher de la droite. Une attaque vigoureusement rejetée par le candidat de Place publique, qui dénonce un « pur procès d'intention ».
Publié par Rédaction
Résumé de l'article
Ségolène Royal accuse Raphaël Glucksmann de préparer un « hold-up sur le Parti socialiste » afin de gagner la primaire puis de s'allier avec la droite. Le candidat de Place publique dénonce un « pur procès d'intention ».
La primaire de la gauche sociale-démocrate vire au règlement de comptes. Lors du dernier débat entre les cinq candidats, dimanche soir sur BFMTV, Ségolène Royal s'en est directement prise à Raphaël Glucksmann, qu'elle accuse de préparer un « hold-up » sur le Parti socialiste.
Primaire sociale-démocrate: "Il y a une forme de hold-up qui est en train de se faire sur le PS", lance Ségolène Royal à Raphaël Glucksmann#VousPresident pic.twitter.com/UR3ZLt6U8Y
— BFM (@BFMTV) October 4, 2026
En cause : la stratégie d'autonomie défendue par le candidat de Place publique vis-à-vis de La France insoumise. Pour Ségolène Royal, la dénonciation répétée de LFI préparerait en réalité le terrain à un rapprochement ultérieur avec la droite.
« Remettre toujours LFI au cœur du débat aurait ainsi, selon elle, un objectif stratégique : justifier de votre part, à un moment, l'alliance avec la droite ».
« Une forme de hold-up sur le Parti socialiste »
Ségolène Royal accuse surtout son concurrent d'être venu chercher au PS la dynamique politique que Place publique n'aurait pas réussi, selon elle, à créer seul.
« Il y a une forme de hold-up qui est en train de se faire sur le Parti socialiste, a-t-elle lancé. Raphaël Glucksmann, qui n'a pas réussi à faire de son parti politique une dynamique politique vient dans la primaire de la gauche », a poursuivi l'ancienne candidate à la présidentielle.
Elle lui reproche également d'avoir voulu imposer certaines conditions à l'organisation du scrutin, citant notamment le montant demandé aux votants ou ses réticences initiales concernant les débats.
Et Ségolène Royal va jusqu'au bout de son raisonnement : Glucksmann chercherait à gagner la primaire pour repartir ensuite « avec ce butin du Parti socialiste et faire alliance avec la droite ».
L'accusation intervient alors que les cinq candidats se déchirent précisément sur la stratégie à adopter vis-à-vis de Jean-Luc Mélenchon. Raphaël Glucksmann et Jérôme Guedj refusent toute alliance avec LFI, tandis qu'Olivier Faure, Ségolène Royal et Emmanuel Maurel défendent à des degrés divers la nécessité de ne pas fermer la porte au rassemblement.
Attal propose justement une coalition jusqu'à la droite
Le calendrier offre à Ségolène Royal un argument tout trouvé. Dans un entretien au Parisien publié ce week-end, Gabriel Attal a appelé à constituer pour 2027 un « vrai et large rassemblement », allant de la gauche sociale-démocrate à la droite républicaine.
L'ancien Premier ministre a même explicitement évoqué des électeurs tentés par Raphaël Glucksmann. « D'ailleurs ce matin, Attal, dans Le Parisien, il donne une interview pour dire : on va faire une grande primaire jusqu'à Raphaël Glucksmann », a relevé Ségolène Royal pendant le débat.
Elle imagine même le scénario d'un Jean-Luc Mélenchon susceptible d'accéder au second tour : Glucksmann appellerait alors, selon elle, à « faire tout de suite alliance avec la droite » pour l'empêcher d'y parvenir.
Glucksmann dénonce un « pur procès d'intention »
Le candidat de Place publique a d'ailleurs immédiatement rejeté l'accusation. « C'est un pur procès d'intention », a-t-il répondu. « Je n'ai aucune intention de diluer la famille sociale-démocrate, ni dans le mélenchonisme, ni dans la droite. »
Ses soutiens ont également fermé la porte à l'offre formulée par Gabriel Attal. Boris Vallaud a ironisé sur « l'héritier du macronisme qui tenterait d'inventer... le macronisme », tandis que Yannick Jadot a répondu : « Même pas en rêve. »
La passe d'armes résume ainsi la fracture stratégique qui traverse la primaire : d'un côté, ceux qui redoutent qu'une rupture totale avec LFI conduise la gauche sociale-démocrate vers le centre ; de l'autre, ceux qui considèrent Jean-Luc Mélenchon comme un obstacle à une victoire de la gauche en 2027.