Le déferlement de propos sexistes dont a été victime la députée MR verviétoise Stéphanie Cortisse a provoqué un choc bien au-delà de son camp politique. Dans un climat belge exacerbé par la polarisation et la violence verbale sur les réseaux sociaux, le soutien unanime exprimé par des responsables féminines de tous bords — libérales, socialistes, centristes, flamandes ou francophones — apparaît comme un signal fort.
Un sursaut rare, à l’heure où la scène politique peine souvent à dépasser les clivages partisans.
Tout est parti d’un simple message. En prenant la défense de son président de parti, Georges-Louis Bouchez, que certains qualifiaient de « dictateur », Stéphanie Cortisse n’imaginait pas déclencher une avalanche d’insultes. Des centaines de messages ont rapidement envahi ses comptes : remarques dégradantes, allusions sexuelles, menaces.
« C’est la première fois que je suis attaquée sur ma condition de femme », confiait-elle, encore secouée. Si elle a décidé de déposer plainte, elle sait déjà que la voie judiciaire est semée d’obstacles : ces offensives numériques sont souvent qualifiées de délits de presse, relevant d’une Cour d’assises où peu d’affaires de cyberharcèlement parviennent à être jugées.
Des paroles aux actes
Face au mur d’impunité, plusieurs députés PS plaident pour des réformes. Leur proposition de loi vise à lever l’anonymat sur les réseaux sociaux et à renforcer les possibilités de recours civils pour obtenir réparation.
Même du côté des Engagés, la ministre Vanessa Matz, elle-même menacée et placée sous protection, veut accélérer la lutte contre ces dérives. Pour ces élus, la question dépasse le cadre pénal : il s’agit désormais de responsabiliser les plateformes et de sanctionner économiquement les auteurs.
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