Violence politique : 47 % des Français de moins de 35 ans la jugent parfois nécessaire, 64 % chez les sympathisants LFI
Près d'un Français de moins de 35 ans sur deux estime qu'il faut parfois recourir à de la violence pour faire avancer ses idées. Cette opinion atteint 64 % chez les sympathisants de La France insoumise et 40 % parmi les diplômés des deuxième et troisième cycles universitaires.
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
Selon l'Ifop, 47 % des moins de 35 ans et 64 % des sympathisants LFI acceptent parfois le recours à la violence pour défendre leurs idées.
La violence comme instrument politique ? Pour près d'un jeune Français sur deux, elle peut, dans certaines circonstances, se justifier. Selon une enquête Ifop réalisée pour LCI les 6 et 7 octobre 2026, 47 % des moins de 35 ans estiment qu'il faut parfois recourir à un certain degré de violence pour faire avancer leurs idées dans la société.
Dans le détail, 17 % répondent « oui, tout à fait » et 30 % « oui, plutôt ». Chez les 25-34 ans, la proportion grimpe même à 48 %, contre seulement 21 % chez les 65 ans et plus.
À l'échelle nationale, 32 % des Français partagent cette opinion, tandis que 68 % la rejettent. Un résultat global légèrement inférieur aux 35 % mesurés en mars 2023, lors du mouvement contre la réforme des retraites.
Chez les sympathisants LFI, près de deux tiers acceptent le principe
La fracture politique est particulièrement marquée. Parmi les sympathisants de La France insoumise, 64 % admettent qu'un certain degré de violence puisse parfois être nécessaire pour défendre leurs idées, dont 23 % qui répondent « oui, tout à fait ».
La proportion tombe à 35 % chez les sympathisants écologistes, 26 % au Parti socialiste et au Rassemblement national, 17 % chez Les Républicains et seulement 10 % chez Renaissance.
Le contraste est saisissant : l'acceptation déclarée de la violence est plus de six fois supérieure chez les sympathisants LFI que chez ceux de Renaissance.
40 % chez les diplômés des deuxième et troisième cycles universitaires
Autre résultat frappant : 40 % des personnes ayant suivi des études universitaires de deuxième ou troisième cycle répondent favorablement à la question de l'Ifop, contre 25 % parmi les personnes sans diplôme ou titulaires des qualifications scolaires les moins élevées.
Ce résultat mérite d'être rapproché des débats sur la place de la violence révolutionnaire dans certains discours militants et intellectuels.
Dans une séquence diffusée par Brut après les récentes violences urbaines, Bettina Zourli, qui exerce des activités d'enseignement en sociologie à l'université Rennes 2, défendait ainsi l'idée qu'une révolution ne saurait être entièrement pacifique.
« La révolution, ce n'est pas calme. Ce n'est pas dans le calme que ça se fait », déclarait-elle, affirmant être favorable à la révolution. Face à une mère racontant avoir subi des menaces de viol pendant les émeutes, elle avait également employé l'expression « dommage collatéral », tout en niant explicitement justifier les menaces dénoncées.
Le parallèle sur la place accordée à la violence dans certains discours politiques et universitaires mérite d'être observé. Il ne permet toutefois pas de conclure que l'enseignement supérieur serait responsable des opinions mesurées par l'Ifop : l'enquête ne mesure aucun lien de causalité et les différences d'âge, de revenus ou de sensibilité politique peuvent jouer un rôle.
Une fracture qui dépasse les seuls affrontements de rue
L'enquête fait également apparaître une dimension sociale. Dans les foyers les plus modestes, 44 % des répondants acceptent parfois le recours à la violence pour faire avancer leurs idées, contre 23 % dans les foyers les plus aisés.
Le phénomène ne se limite donc pas à un camp politique ou à un milieu social unique, même si son intensité varie fortement selon les catégories interrogées.
Au lendemain de violences ayant frappé des commerces, des bâtiments publics et des symboles de la République, ces résultats posent une question qui dépasse les seules émeutes : celle de la frontière entre contestation démocratique et recours à la force. Car si la grande majorité des Français continue de rejeter cette dernière, près d'un jeune adulte sur deux admet désormais qu'elle puisse parfois servir une cause politique.