Couvre-feux, justice, renforts : Lecornu serre la vis après le 17 octobre
Le Premier ministre veut des couvre-feux partiels dans les centres-villes, dès ce soir, et promet une riposte judiciaire d’ampleur. Pendant ce temps, les gilets jaunes préparent déjà la suite.
Publié par Loïc Cotteret
• Mis à jour le
Résumé de l'article
Face au « désordre organisé de manière inédite » du 17 octobre, Sébastien Lecornu a demandé aux préfets des couvre-feux partiels et localisés dans des centres-villes, dès ce soir, et promet une « réponse pénale massive » avec des suites pour 80 % des gardes à vue. Renforts policiers ce week-end, aides aux commerçants sinistrés, aveu d’un défaut de renseignement par Gérald Darmanin : pendant ce temps, les gilets jaunes annoncent déjà un « acte II » le 24 octobre.
Marseille compte ses vitrines brisées. Paris retient son souffle. Lundi, le gouvernement a réuni une nouvelle cellule interministérielle de crise, deux jours après la mobilisation du 17 octobre. Sur le perron du ministère de l’Intérieur, Sébastien Lecornu a parlé d’un “désordre organisé de manière inédite”. Il a juré n’avoir “rien à cacher”. Le message est clair : l’exécutif entend reprendre la main.
Le couvre-feu, pas l’état d’urgence
Le chef du gouvernement a tranché. Il a demandé aux préfets d’engager des couvre-feux “partiels et localisés". Il leur préfère l’état d’urgence, jugé plus lourd.
Les contours restent flous : aucune modalité n’a été détaillée. Certains quartiers de Paris pourraient être concernés, dans une situation “géographiquement très disparate” selon ses mots.
Le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a complété le tableau. Les effectifs de police et de gendarmerie seront renforcés ce week-end. Les matchs de football européens de la semaine ne sont pas remis en cause. À Marseille, toute manifestation est interdite de midi à 20 heures, et le ministre vient de faire savoir qu'il annulait sa venue prévue dans la cité phocéenne.
Casseurs, pilleurs : l’addition
Côté judiciaire, le ton se durcit. Lecornu promet “une réponse pénale massive”, avec des suites pour 80 % des gardes à vue. Sa formule résume la ligne : “C’est avant tout ceux qui ont cassé qui doivent payer.”
Reste le sort des commerçants. Le chômage partiel sera débloqué dès demain, à 100 %. Un fonds de soutien doit répondre aux urgences de trésorerie. Des discussions sont lancées avec les assureurs pour accélérer les expertises. Objectif : rouvrir vite.
Le Premier ministre distingue deux désordres. Le jour, l’ultragauche. La nuit, la délinquance. À Marseille, le premier problème n’est pas réglé, reconnaît-il.
Failles dans le dispositif, appel à l’acte II
Au gouvernement, on admet des ratés. Gérald Darmanin n’a pas édulcoré sur France 2 : “Nous avons failli, incontestablement.” Le ministre de la Justice pointe un défaut de renseignement et veut comprendre ce qui a dysfonctionné.
🗣️ "Nous avons failli incontestablement, ce week-end."
— Telematin (@telematin) October 19, 2026
🔴 @GDarmanin, ministre de la Justice, reconnaît des "défauts dans les renseignements" et apporte son soutien à Laurent Nuñez, ministre de l’Intérieur.#Les4Vérités pic.twitter.com/CMhLRazf66
Laurent Nuñez a lui, remis sa démission ce matin au Président de la République Emmanuel Macron qui l'a refusée.
Quant à Lecornu, il monte au front pour les forces de l’ordre. Aucun mort n’est à déplorer : “un miracle”, pour lui, et la preuve que les policiers font leur travail. Il vit “très très mal” les mises en cause de la police. Il ironise sur une critique à double fond : on accuse les forces de l’ordre de blesser, puis on demande où elles sont. Une “schizophrénie bien française”, lâche-t-il.
La rue, elle, ne désarme pas. La coordination des gilets jaunes annonce un “acte II” pour le samedi 24 octobre. Sa carte en ligne recense déjà plusieurs dizaines d’actions. “Il y a clairement une énorme poussée”, assure son éditeur à l’AFP. Le bras de fer est loin d’être terminé.