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Wikipédia, l’encyclopédie confisquée par la gauche

par Harrison du Bus
(Photo by Riccardo Milani / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP)

Née avec l’ambition d’offrir au monde un savoir neutre, gratuit et partagé, Wikipédia demeure l’un des sites les plus consultés de la planète et apparaît en tête de plus de 80 % des recherches sur Google. Mais sous l’apparence d’une encyclopédie ouverte et pluraliste se creuse une réalité bien plus troublante. Une série d’enquêtes internationales, des témoignages de victimes, des études académiques, une lettre sénatoriale américaine et même les mises en garde de son cofondateur révèlent aujourd’hui une dérive idéologique profonde, fruit d’une combinaison explosive : homogénéité sociologique des contributeurs, politisation croissante des fondations Wikimedia, listes de sources orientées, campagnes de militants organisés, et opacité interne facilitant les manipulations. Ce qui n’était qu’un soupçon est désormais un diagnostic largement documenté.

Lorsque Jimmy Wales et Larry Sanger lancent Wikipédia au début des années 2000, le projet paraît presque fragile. L’idée même d’une encyclopédie rédigée librement par des inconnus, sans comité éditorial, semble vouée à l’échec. Pourtant l’expérience fonctionne grâce au bénévolat, à la correction collective et à une philosophie de neutralité fondée sur des sources vérifiables ; Wikipédia devient en quelques années une référence mondiale.

Mais cette confiance reposait sur un équilibre précaire, et au fur et à mesure que la communauté s’est élargie, les conflits d’édition se sont multipliés, les contributeurs les plus actifs se sont imposés, les militants ont appris à jongler avec le cadre pour installer leur idéologie. En France, Le Point décrit ainsi une dérive progressive où une poignée de contributeurs hyperactifs parviennent à transformer des pages entières en terrains de militantisme, parfois sur des années. Des profils anonymes mais infatigables façonnent des biographies, sélectionnent les sources, amplifient certains faits, en minimisent d’autres, jusqu’à écrire un récit entièrement biaisé.

Wikipédia s’en défend, mais les cas se répètent. La page du glyphosate, étudiée par Le Point, en est devenue un exemple emblématique : alors que le consensus scientifique international écarte tout lien avéré entre glyphosate et cancer, la version francophone en fait un produit « probablement cancérogène », en s’appuyant quasi exclusivement sur l’avis isolé du Circ. L’essentiel des ajouts militants provient d’un seul contributeur, sous le pseudonyme de Factsory, maître de conférences en informatique, sans compétence en toxicologie, mais qui ne renonce pas à sa croisade personnelle. Une illustration parfaite de la manière dont le modèle peut être capturé.

Une sociologie homogène, un biais assumé : « la majorité des contributeurs sont de gauche »

Le Figaro montre que cette dérive ne sont pas des accidents isolés. Elle s’enracine dans la composition sociologique de la communauté. En France, comme ailleurs, les contributeurs réguliers sont principalement des jeunes des villes, diplômés, de catégories favorisées et très majoritairement à gauche. Une contributrice proche des administrateurs le reconnaît sans détour : « la majorité des contributeurs sont de gauche, c’est une évidence. »

Ces angles soigneusement choisis deviennent cruciaux lorsque surviennent des désaccords éditoriaux car sur Wikipédia les arbitrages se font par discussions puis parfois par votes. Les contributeurs décident eux-mêmes ce qui constitue une source fiable, un cadre de référence, une nuance acceptable. Dès lors, la hiérarchie interne s’oriente naturellement vers les médias idéologiquement proches. Le Figaro documente plusieurs exemples : là où Le Monde ou Libération sont tenus pour fiables par défaut, Le Figaro est discuté, Valeurs actuelles renvoyé à une « extrême droite » infréquentable et CNews est au mieux « peu fiable ». Cette assise idéologique influence directement les contenus. Deux vidéastes militants, Rochedy et Usul, pourtant symétriques dans leur trajectoire, se voient ainsi traités de manière radicalement différente : l’un immédiatement qualifié « d’extrémiste de droite », l’autre présenté comme simple « chroniqueur web ».

Le biais n’est donc plus un phénomène diffus. Il existe une mécanique interne, presque bureaucratique, qui sélectionne les sources légitimes en fonction de leur orientation perçue. Le résultat est prévisible : les pages sur les sujets polarisés penchent systématiquement du même côté.

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