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Jean-François Gatelier : « Il ne faut pas stigmatiser les malades, mais provoquer une prise de conscience collective »

par Demetrio Scagliola
Photo Werner Lerooy

La Chambre s’apprête à entamer les débats sur la réforme portée par la majorité Arizona visant à remettre au travail 100.000 malades de longue durée. Un sujet qui s’annonce explosif. L’opposition promet une bataille parlementaire intense pour tenter d’infléchir une politique jugée trop sévère, quand la majorité plaide pour une réforme devenue, selon elle, inévitable au vu de l’ampleur des chiffres.

Député des Engagés et médecin généraliste, Jean-François Gatelier défend cette réforme sans détour, mais aussi sans stigmatisation. Dans l’interview qu’il nous accorde, il insiste sur un point central : il ne s’agit pas de culpabiliser les malades, mais de répondre à une dérive structurelle. Pour lui, la situation belge — marquée par un nombre de malades de longue durée nettement supérieur à celui de nos voisins — relève avant tout d’une faillite collective et d’un relâchement progressif des contrôles, particulièrement accentué au cours des cinq dernières années. Jean-François Gatelier appelle à une prise de conscience globale : des patients, mais aussi des employeurs, des mutuelles et du monde politique. Une réforme qu’il présente comme un électrochoc nécessaire pour préserver la sécurité sociale, sans renier l’humanité du système.

Entretien avec Jean-François Gatelier

21News : Jean-François Gatelier, la réforme sur les malades de longue durée va arriver au Parlement et les débats s’annoncent difficiles…

Jean-François Gatelier : C’est un sujet crucial, car il y a beaucoup de malades de longue durée en Belgique. Les chiffres sont là, ils sont indéniables. En tant que médecin et homme politique, j’ai constaté, sur les vingt dernières années, une évolution négative des contrôles des médecins de mutuelle. Et sur les cinq dernières années, il y a eu un laisser-aller incroyable dans ces contrôles. Quand j’étais jeune médecin, lorsqu’on mettait quelqu’un en arrêt maladie, il était contrôlé beaucoup plus rapidement qu’aujourd’hui.
C’est d’ailleurs ce que souhaite le gouvernement : que les contrôles s’effectuent plus rapidement. Il faut aussi préciser que si le nombre total de malades est impressionnant, le vrai problème est la chronicisation. On laisse les gens trop longtemps en maladie et, forcément, les chiffres gonflent. À un moment donné, cela explose : on arrive à près de 15 milliards d’euros de dépenses en soins de santé.

21News : C’est une somme qui pèse lourd dans les finances de l’État…

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