À Orléans, Marine Le Pen dessine les contours de sa présidence dans son discours et confirme Jordan Bardella comme Premier ministre
Marine Le Pen a lancé sa campagne à Orléans. Elle souhaite une "renaissance pour la France" et a axé son discours sur les thèmes forts du RN comme la sécurité. Elle a confirmé que Jordan Bardella serait son Premier Ministre.
Publié par J.PE
Lors de son discours de lancement de campagne à Orléans, dimanche 25 octobre, Marine Le Pen a esquissé les grandes lignes de la présidence qu’elle entend exercer en cas de victoire en 2027. Elle confirme Jordan Bardella comme futur Premier ministre, promet de rendre le pouvoir au peuple et défend une refonte institutionnelle autour de la « communauté nationale » et du rétablissement de l’État de droit. Revendiquant une victoire idéologique sur les thèmes historiques du Rassemblement national, elle entend également placer la sécurité, l’immigration et le pouvoir d’achat au cœur de la bataille présidentielle.
« Le Premier ministre, et le mien sera Jordan Bardella »
C’est l’une des annonces majeures du discours prononcé par Marine Le Pen à Orléans. La cheffe de file des députés du Rassemblement national confirme explicitement le nom de celui qu’elle souhaite voir diriger son gouvernement si elle accède à l’Élysée en 2027.
« Le Premier ministre, et le mien sera Jordan Bardella, sera le chef de l’orchestre gouvernemental », déclare-t-elle devant les militants réunis pour le congrès du parti.
Marine Le Pen précise vouloir constituer « un gouvernement ouvert et pluraliste, un gouvernement que je souhaite d’union nationale ».
Cette déclaration donne un contenu concret au tandem politique formé avec Jordan Bardella. Alors que ce dernier conserve la présidence du RN, Marine Le Pen se projette dans la fonction présidentielle et l’organisation de l’exécutif.
« La bataille du constat est gagnée »
Marine Le Pen revendique également une victoire sur le terrain des idées. Selon elle, les préoccupations défendues de longue date par le Rassemblement national — sécurité, immigration et pouvoir d’achat — se sont imposées dans le débat public et correspondent désormais à des inquiétudes centrales pour une partie importante de la population.
« La bataille du constat est gagnée » a-t-elle affirmé.
Pour Marine Le Pen, l’enjeu est désormais de transformer ce qu’elle présente comme une victoire idéologique en adhésion à son programme présidentiel.
Les réseaux sociaux contre la « bienpensance »
La candidate met aussi en avant le rôle des réseaux sociaux dans la diffusion des idées politiques. Ces plateformes auraient permis, selon elle, de contourner la « bienpensance » et de donner davantage de visibilité à des discours qu’elle estime insuffisamment représentés dans les médias traditionnels.
« Nous allons rétablir l’État de droit »
La sécurité et l’autorité de l’État occupent une place centrale dans le discours de la candidate. Marine Le Pen promet de rétablir ce qu’elle considère comme un fonctionnement effectif de l’État de droit, en insistant sur la sanction des délinquants et la lutte contre les organisations criminelles.
« Nous allons rétablir l’État de droit », assure-t-elle.
Elle poursuit en interrogeant son auditoire : « Qui peut dire qu’il existe un État de droit quand les délinquants ne sont pas punis, quand les mafias imposent leur loi dans les quartiers ? »
La « communauté nationale » inscrite dans la Constitution
Marine Le Pen veut également inscrire dans la Constitution sa conception de l’unité nationale. Elle défend l’idée d’un seul peuple et présente cette orientation comme une réponse au communautarisme.
« La volonté qui est la nôtre de ne voir reconnaître qu’un seul peuple, c’est aussi le refus absolu du communautarisme », déclare-t-elle.
Elle ajoute : « Il n’y a pour nous qu’une seule communauté, c’est la “communauté nationale”. »
La candidate promet de donner une traduction constitutionnelle à ce principe. Cette proposition s’inscrit dans la ligne politique du RN, qui défend une conception de la nation reposant sur l’appartenance à une communauté nationale commune.
« Rendre le pouvoir au peuple »
Marine Le Pen fait l’éloge du référendum et promet de redonner aux Français un rôle central dans les choix collectifs.
« Si nous voulons le pouvoir, ce n’est pas pour nous, mais pour le rendre au peuple », lance-t-elle.
Elle présente la « Renaissance » qu’elle souhaite engager comme un moyen de réconcilier les citoyens avec la politique : « La Renaissance que nous voulons réconciliera les citoyens avec la politique », affirme-t-elle.
Marine Le Pen veut quitter la direction des députés RN
Dans une annonce destinée à accompagner sa projection vers la fonction présidentielle, Marine Le Pen indique qu’elle quittera ses fonctions de cheffe de file des députés du Rassemblement national dès le lendemain de son discours.
Elle explique vouloir « se conformer à cette exigence d’impartialité ».
« Je veux que les Français aient la certitude, si vous me passez l’expression d’élire une femme, qui ne sera pas l’homme d’un parti », déclare-t-elle.
Une confrontation annoncée avec LFI et les antifas
Marine Le Pen entend également placer l’affrontement avec La France insoumise au cœur de la campagne. Elle vise notamment les mouvements antifascistes, qu’elle associe à la formation de Jean-Luc Mélenchon dans une formule particulièrement tranchée: « LFI et sa branche armée les antifas ».
« Mes amis, ne craignez pas d’espérer, n’ayez pas peur de vouloir ! »
Marine Le Pen conclut son discours par un appel à l’espoir et à la mobilisation de ses partisans.
« Mes amis, ne craignez pas d’espérer, n’ayez pas peur de vouloir ! », lance-t-elle.