Présidentielle 2027 : Le Pen et Mélenchon au second tour, Philippe et Attal dévissent
Marine Le Pen en tête au second tour dans tous les cas de figure, Mélenchon grimpe et crée la dynamique à gauche. La candidate du RN est largement en tête des sondages et réalise le double du score du second. Le bloc central s'effrite et perd du terrain.
Publié par J.PE
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Selon un nouveau sondage Ipsos-BVA-CESI pour Le Parisien, publié ce samedi 24 octobre, Marine Le Pen reste largement en tête des intentions de vote pour le premier tour de la présidentielle de 2027. Jean-Luc Mélenchon se placerait en deuxième position dans les quatre configurations testées. À l’inverse, Édouard Philippe et Gabriel Attal apparaissent en difficulté, tandis que Raphaël Glucksmann et Bruno Retailleau restent en embuscade.
À six mois de l’élection présidentielle, les rapports de force politiques français restent marqués par la domination de Marine Le Pen dans les intentions de vote. Le dernier sondage Ipsos-BVA-CESI École d’ingénieurs, réalisé pour Le Parisien les 21 et 22 octobre auprès de 1 500 personnes inscrites sur les listes électorales, place la candidate du Rassemblement national en tête dans les quatre scénarios étudiés.
Créditée de 32 à 33,5 % des intentions de vote, Marine Le Pen conserve une avance importante sur ses concurrents. Derrière elle, Jean-Luc Mélenchon recueille systématiquement 17 % des intentions de vote, ce qui le placerait en deuxième position dans chacune des configurations testées.
Ces résultats dessinent la possibilité d’un second tour opposant le RN à La France insoumise. Ils mettent également en évidence les difficultés des personnalités du bloc central, dont les candidatures concurrentes ne semblent pas, à ce stade, leur permettre de rivaliser avec les deux premiers.
Marine Le Pen en tête, Jean-Luc Mélenchon deuxième dans tous les scénarios
Le premier enseignement de cette enquête est la stabilité des deux premières positions. Marine Le Pen recueille 33,5 % des intentions de vote dans trois des quatre hypothèses, et 32 % dans celle où Édouard Philippe est testé aux côtés de David Lisnard.
Jean-Luc Mélenchon, lui, reste à 17 % dans les quatre configurations. Le leader de La France insoumise devance ainsi les autres candidats testés, notamment Raphaël Glucksmann, qui obtient entre 13 % et 15,5 %.
Cette photographie électorale ne signifie évidemment pas que le second tour est déjà joué. À plusieurs mois du scrutin, les candidatures, les alliances et les événements de campagne peuvent encore modifier les intentions de vote. Mais, dans cette enquête, le scénario Le Pen-Mélenchon se retrouve dans chacune des hypothèses présentées.
Édouard Philippe et Gabriel Attal en difficulté
Le bloc central apparaît comme l’un des principaux points faibles de cette enquête. Édouard Philippe et Gabriel Attal, tous deux issus de l’ancienne majorité présidentielle, peinent à faire émerger une dynamique susceptible de les rapprocher des deux premières places.
Lorsque les deux hommes sont testés simultanément, Édouard Philippe recueille 13 % des intentions de vote, contre seulement 4 % pour Gabriel Attal. L’ancien Premier ministre se retrouve donc loin derrière Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon, tandis que son rival de Renaissance reste à un niveau encore plus faible.
Dans l’hypothèse où Édouard Philippe serait le candidat unique du bloc central, son score remonterait à 15 %. Il resterait néanmoins derrière Jean-Luc Mélenchon, crédité de 17 %.
Le résultat de Gabriel Attal est tout aussi révélateur. Lorsqu’il est testé comme candidat unique de Renaissance, du MoDem et d’Horizons, il atteint 9,5 %. Ce niveau demeure inférieur à celui des principaux candidats placés devant lui.
Ces chiffres soulignent le dilemme du centre : maintenir plusieurs candidatures risque de disperser les voix, mais désigner un candidat unique ne garantit pas pour autant une qualification au second tour.
Raphaël Glucksmann se rapproche, sans dépasser Mélenchon
À gauche, Raphaël Glucksmann confirme qu’il dispose d’un espace électoral significatif. Le candidat de Place publique recueille 13 % dans deux scénarios, 14 % dans un autre et atteint 15,5 % lorsque Gabriel Attal est testé comme candidat unique du bloc central.
Ce dernier résultat le rapproche de Jean-Luc Mélenchon, mais ne lui permet pas de le dépasser : le leader insoumis reste à 17 % dans cette configuration.
La concurrence entre les deux hommes illustre les divisions et les différences stratégiques qui traversent la gauche française. D’un côté, Jean-Luc Mélenchon conserve un socle électoral important ; de l’autre, Raphaël Glucksmann peut compter sur un niveau d’intentions de vote substantiel, sans parvenir, dans ce sondage, à s’imposer comme le principal concurrent de Marine Le Pen.
La capacité de ces différentes sensibilités à mobiliser leur électorat et à convaincre au-delà de leur base constituera l’un des enjeux des prochains mois.
Bruno Retailleau et David Lisnard également testés
À droite, Bruno Retailleau obtient des résultats variables selon les configurations. Il est crédité de 7,5 % lorsque Gabriel Attal et Édouard Philippe sont tous deux candidats, de 8 % lorsque Philippe est le candidat unique du centre, et de 11,5 % lorsque Gabriel Attal est testé comme candidat unique. Son score descend à 5,5 % dans l’hypothèse où Édouard Philippe et David Lisnard sont tous deux présents.
David Lisnard, maire de Cannes et président de l’Association des maires de France, recueille pour sa part 6,5 % dans le scénario où sa candidature est testée aux côtés de celle d’Édouard Philippe.
Ces résultats témoignent d’une droite dont les différentes candidatures potentielles restent en concurrence, sans qu’une seule personnalité ne parvienne à s’installer durablement au niveau des deux premiers candidats.
Marine Le Pen et Mélenchon profitent d’un paysage politique fragmenté
Au-delà des scores individuels, le sondage met en lumière un paysage électoral fragmenté. Marine Le Pen conserve une avance nette et les thématiques sécuritaires de l’actualité lui profitent, Jean-Luc Mélenchon occupe systématiquement la deuxième place et plusieurs autres candidats se disputent les positions suivantes.
Le bloc central est particulièrement concerné par cette dispersion, avec des scores distincts pour Édouard Philippe et Gabriel Attal selon les hypothèses retenues. À gauche, Raphaël Glucksmann se maintient à un niveau élevé, tandis qu’à droite, Bruno Retailleau et David Lisnard restent en retrait des deux premières places.
À six mois de la présidentielle de 2027, le constat est néanmoins clair dans les quatre scénarios testés : Marine Le Pen arrive en tête, Jean-Luc Mélenchon occupe la deuxième place, et Édouard Philippe comme Gabriel Attal restent confrontés à une difficulté majeure pour s’imposer dans la course à l’Élysée.