Andrew remporte une première bataille judiciaire contre la police britannique
La justice britannique a déclaré illégaux les mandats utilisés pour les perquisitions chez Andrew Mountbatten-Windsor. La police reconnaît une erreur, mais l’enquête sur ses liens avec Jeffrey Epstein se poursuit.
Publié par A JS
Résumé de l'article
Andrew Mountbatten-Windsor obtient l’annulation des mandats utilisés pour fouiller ses deux domiciles. La police reconnaît une erreur importante. Cette décision pourrait alimenter une contestation des preuves saisies, sans entraîner leur exclusion automatique. L’enquête sur une possible transmission d’informations sensibles à Jeffrey Epstein continue.
La justice britannique a déclaré illégaux les mandats ayant permis de perquisitionner deux domiciles d’Andrew Mountbatten-Windsor. Le juge Nicholas Hilliard l’a annoncé jeudi 8 octobre devant la Haute Cour, à Londres.
La police de la vallée de la Tamise a reconnu une erreur importante dans sa demande. Les deux parties avaient convenu d’annuler les mandats avant l’audience. L’ancien prince Andrew n’assistait pas à celle-ci.
Les policiers avaient fouillé ses résidences et saisi des biens après son arrestation, le 19 février. Ses avocats demandaient l’annulation des autorisations judiciaires utilisées pour ces opérations.
Les perquisitions chez Andrew dans l’enquête Epstein
L’enquête porte initialement sur un possible usage abusif de ses anciennes fonctions publiques. Les enquêteurs soupçonnent Andrew d’avoir transmis des informations sensibles à Jeffrey Epstein. Il représentait alors le Royaume-Uni comme envoyé commercial.
La police a ensuite indiqué qu’elle pourrait examiner d’autres pistes. Les soupçons ont émergé après la publication de millions de pages par le ministère américain de la Justice. Ces documents concernent Epstein, son réseau et l’enquête sur ses activités de trafic sexuel.
Lors de son arrestation, les enquêteurs avaient interrogé Andrew pendant onze heures. Ils l’avaient ensuite relâché tout en poursuivant leurs investigations. À ce stade, aucune inculpation ne le vise. Sa remise en liberté ne signifie pas que la police l’a innocenté.
Une bataille sur les preuves saisies
L’annulation des mandats ouvre un nouveau front dans cette affaire. Elle concerne les conditions des perquisitions, sans régler les soupçons examinés par les enquêteurs.
L’avocat Stephens, du cabinet londonien Howard Kennedy, décrit une première escarmouche dans une bataille judiciaire plus large. Selon son analyse, la défense pourrait désormais contester l’utilisation des preuves recueillies lors des fouilles.
Les avocats d’Andrew pourraient soutenir que leur obtention irrégulière justifie leur exclusion d’un éventuel procès pénal. L’audience de jeudi ne permet cependant pas de présenter cette exclusion comme acquise. Elle ne clôt pas davantage l’enquête.
Une affaire qui continue de peser sur la monarchie
Les liens entre Andrew et Epstein embarrassent la famille royale depuis plus d’une décennie. En 2011, des parlementaires questionnaient déjà cette relation. Andrew avait alors renoncé à ses fonctions d’envoyé commercial..
Son entretien avec la BBC, en 2019, avait aggravé la crise. Ses explications sur ses relations avec Epstein avaient précipité son retrait de la vie royale publique.
Charles III lui a retiré son titre princier l’an dernier. Andrew, 66 ans, reçoit toujours une allocation issue des fonds privés du roi. Buckingham a néanmoins précisé que cet argent ne pouvait financer sa contestation des mandats de perquisition