Le roi Felipe VI à Ceuta, une visite sensible après la crise migratoire
Felipe VI à Ceuta le 13 octobre, puis à Melilla le lendemain. Ce premier déplacement royal depuis 2014 intervient après une crise migratoire majeure et sur fond de tensions avec le Maroc.
Publié par A JS
Résumé de l'article
Le couple royal espagnol visitera Ceuta et Melilla les 13 et 14 octobre. Ce déplacement intervient après l’arrivée massive de migrants fin juillet. Madrid affronte la colère locale et les critiques de l’opposition. Les revendications marocaines sur les deux territoires ajoutent un risque diplomatique.
Felipe VI et la reine Letizia visiteront Ceuta le 13 octobre, puis Melilla le 14. Le gouvernement espagnol et la maison royale ont convenu ensemble de ce déplacement. Le palais annoncera prochainement son programme précis.
Ce voyage commencera au lendemain de la fête nationale espagnole. Il constituera la première visite du souverain dans ces deux villes depuis son accession au trône, en 2014.
Le précédent déplacement d’un monarque espagnol remonte à novembre 2007. Juan Carlos avait alors provoqué une crise diplomatique avec Rabat. Le Maroc revendique la souveraineté sur ces deux territoires espagnols d’Afrique du Nord.
Felipe VI à Ceuta après un afflux migratoire inédit
La visite intervient deux mois et demi après les événements des 30 et 31 juillet. Plus de 70.000 migrants ont rejoint Ceuta depuis le Maroc, à pied ou à la nage. Les autorités espagnoles et marocaines ont rapporté plus d’une centaine de décès, principalement en mer.
La grande majorité des migrants ont depuis regagné le Maroc. Plusieurs milliers se trouvent encore dans l’enclave. Des violences et des manifestations presque quotidiennes accompagnent la dégradation de la situation locale.
Madrid a augmenté les capacités d’hébergement temporaire, notamment pour les mineurs. L’exécutif a également déployé des centaines de policiers et de militaires. Il a renforcé les financements destinés aux autorités du territoire.
Les services compétents doivent examiner les situations individuelles. Ils doivent déterminer qui peut obtenir l’asile et qui doit faire l’objet d’une expulsion vers le Maroc. Cette gestion prolonge la pression sur les structures locales.
Sánchez sous pression, le roi réclame une réponse européenne
La crise nourrit les accusations contre Pedro Sánchez. L’opposition de droite et d’extrême droite dénonce son approche de l’immigration et ses relations avec Rabat. Le gouvernement central affronte également les critiques des autorités de droite de Ceuta.
Samedi 26 septembre, plusieurs milliers de manifestants ont encore protesté à Madrid contre la gestion gouvernementale. Les groupes locaux et les partis d’opposition jugent les mesures d’urgence insuffisantes. L’immigration occupe désormais une place majeure dans le débat précédant les législatives de 2027.
Les tensions dépassent les frontières espagnoles. La crise a notamment opposé Madrid et Rome au sein de l’Union européenne. L’accueil des migrants et la protection des frontières extérieures alimentent les désaccords entre États membres.
Mardi, lors d’un dîner avec Emmanuel Macron, Felipe VI a demandé davantage d’efficacité et de solidarité européennes. Il a qualifié d’« inacceptable » l’entrée massive de migrants durant l’été. Le souverain a également réclamé une coopération renforcée entre les Vingt-Sept.
Selon lui, les pays aux frontières extérieures de l’Union ne peuvent supporter seuls cette responsabilité collective. Sa visite prochaine intervient donc sur deux terrains sensibles. Ceuta concentre une crise migratoire et politique, tandis que Rabat conteste la souveraineté espagnole sur les deux enclaves.