Émeutes en France : Macron et Mélenchon, les apprentis du désastre (chronique)
Après les violences du 17 octobre, Kamel Bencheikh met en cause les responsabilités d’Emmanuel Macron et de Jean-Luc Mélenchon, et alerte sur l’affaiblissement de la République.
Publié par Kamel Bencheikh
• Mis à jour le
Résumé de l'article
Kamel Bencheikh estime que les violences du 17 octobre révèlent une République fragilisée. Elle met en cause Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon, dont les responsabilités diffèrent, tout en défendant l’autorité, la loi, la laïcité et l’universalisme.
Il y a des lendemains où l'on regarde son pays avec une colère qui touche au désespoir. Les violences du 17 octobre ne se réduisent pas à un épisode de désordre urbain. Elles montrent une République fragilisée, une autorité contestée, et une classe politique qui ne parvient pas à mesurer l'étendue du péril.
Emmanuel Macron porte dans cet affaissement une responsabilité écrasante. Les crises mal dénouées, les décisions qui fracturent, une parole présidentielle qui s'épuise à force d'être partout : tout cela a entamé la confiance dans l'État, et profondément. Gouverner ne consiste pas à commenter les dégâts après coup. C'est garantir aux citoyens que la loi reste plus forte que ceux qui prétendent lui substituer leur propre loi.
Jean-Luc Mélenchon incarne une autre dérive. Il n'est pas le président, mais il entretient une stratégie de confrontation permanente dont il espère tirer profit. Délégitimer les institutions, transformer chaque crise en procès de l'autorité : à ce jeu, il creuse le fossé entre la République et ceux qui la contestent. Il peut condamner les pillages. Il ne peut pas s'exonérer des effets politiques de la radicalisation qu'il nourrit.
Leurs responsabilités ne sont pas identiques. Le premier exerce le pouvoir, le second ambitionne de le conquérir. Mais tous deux semblent prisonniers de leur propre hubris, au point de reléguer l'intérêt national derrière leurs calculs.
Les inégalités, bien sûr, existent. La précarité et l'abandon de certains territoires sont des réalités qu'il faut combattre. Mais aucune injustice ne justifie de brûler une mairie, de détruire un commerce ou de prendre un policier pour cible. La solidarité ne dispense pas du respect de la loi. Une République digne de ce nom protège les plus fragiles sans renoncer à l'autorité, à la responsabilité individuelle ni à l'exigence commune.
Ce qui me désespère, c'est de voir la France prise en étau entre un pouvoir qui peine à rétablir la confiance et une opposition qui semble trouver dans l'exaspération nationale un instrument de conquête.
Je suis attaché à cette France qui fait de la liberté, de la laïcité et de l'universalisme les fondements de notre vie commune. Je refuse de la voir se défaire, sous les coups de ceux qui la défient comme sous les erreurs de ceux qui la gouvernent.
Macron aura eu le pouvoir d'agir. Mélenchon prétend pouvoir faire mieux. Une question demeure, brutale : qui, parmi eux, mesure encore ce que la France risque de perdre ?
Un pays ne se gouverne pas à coups d'impuissance. Il ne se conquiert pas non plus sur les ruines de ses institutions.