Bruno Wattenbergh, conférencier, professeur à la Solvay Brussels School of Economics and Management, estime que les citoyens et groupes d’intérêts divers ne sont plus prêts à accepter les effets concrets d’une politique industrielle cohérente. « On veut l’innovation, mais pas l’infrastructure industrielle qui la rend possible », déplore-t-il.
21News : Vous êtes l’auteur d’un post ayant attiré l’attention sur les tentatives européennes de réformes de ses politiques d’approvisionnement en terres rares. Quels aspects avez-vous voulu souligner ?
Bruno Wattenbergh : Ce que j’ai voulu souligner, c’est que l’Europe fait face à une contradiction stratégique majeure : elle veut soudainement sécuriser son approvisionnement en matériaux critiques – terres rares, métaux stratégiques, composants essentiels à la transition énergétique – mais elle ne s’est jamais vraiment dotée d’une politique industrielle réaliste pour y parvenir. Et malgré le récent rapport DRAGHI, elle n’y arrive toujours pas.
Nous sommes dans un moment où les États-Unis, la Chine, le Japon ou encore la Corée du Sud investissent massivement dans leurs chaînes de valeur critiques, y compris dans l’approvisionnement en terres rares indispensables.
L’Europe a longtemps pensé qu’un marché global ouvert suffirait à garantir la sécurité de ses approvisionnements. Cette conviction n’est plus tenable.
J’ai voulu attirer l’attention sur cette prise de conscience tardive, mais aussi et surtout sur l’urgence de passer d’une posture déclarative à une politique d’exécution crédible sur le terrain dans les États membres.
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