Daniel, de Schaerbeek : « Si je n’étais pas allé voir mon notaire, mon patrimoine aurait été taxé à plus de 50 %. Maintenant, je n’ai payé que 7 %. »
Publié par J.PE
ENQUÊTE – Comment des Belges s’organisent pour transmettre leur patrimoine sans payer trop de droits de succession.
Alors que la génération du baby-boom s’efface progressivement, la Belgique se prépare à un transfert de patrimoine colossal entre générations, évalué à plusieurs dizaines de milliards d’euros dans les dix prochaines années. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle de plus en plus de banques misent sur le secteur de la banque privée, notamment Belfius, qui nourrit de grandes ambitions en la matière et investit massivement pour combler son retard.
Ceux qui attendent découvrent parfois trop tard qu’en Belgique, quand une succession s’ouvre, c’est souvent l’État qui devient le premier héritier.
De nombreuses familles refusent de voir une partie de leurs économies partir en fumée sous forme de droits de succession. De plus en plus de parents prennent les devants, parfois des décennies avant leur décès, pour organiser la transmission de leurs biens de manière parfaitement légale, mais fiscalement optimisée.
L'impôt sur la mort, c'est non
À Uccle, Marc et Laurence, 67 et 65 ans, ont ainsi donné la nue-propriété de leur maison tout en conservant l’usufruit. Leurs enfants récupéreront ainsi le bien net de droits de succession au décès des parents, sans risque de devoir vendre dans l’urgence pour payer le fisc. Ils sont passés devant leur notaire pour la donation immobilière, mais ont réalisé la donation de leurs comptes-titres sans acte notarié afin d’éviter les droits d’enregistrement, en espérant à l’époque vivre encore trois ans, délai alors exigé avant 2022. Ils n’auront donc payé ni droits d’enregistrement, ni droits de succession sur la donation mobilière de leurs avoirs financiers.
Dans la région de Liège, Jean et Agnès, 72 et 70 ans, ont opté pour une méthode simple mais redoutablement efficace : chaque année, ils effectuent des donations manuelles à leurs enfants et petits-enfants. En vingt ans, la famille a transmis près de 180.000 euros sans payer un euro de droits de donation, tout en permettant à leurs héritiers d’utiliser cet argent de leur vivant — aide pour un achat immobilier, financement d’études ou achat d’un véhicule. Pour Jean : « Il n’était pas question de partir avec des montagnes d’argent sur un compte à vue qui ne rapporte rien. Je ne voulais pas non plus que l’État retaxe de l’argent déjà taxé. Je me suis donc organisé pour donner petit à petit une partie de mon patrimoine. »
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