« Des violences relativement marginales » : la vice-présidente de la FAGE minimise l'ampleur des saccages du 17 octobre
Invitée de « C ce soir », Zoé Dupuy, vice-présidente de la FAGE, a qualifié les violences du 17 octobre de « relativement marginales » au regard des 800.000 manifestants qu'elle évoque. Une appréciation qui interpelle alors qu'au moins 3.000 commerces ont été touchés par les pillages et dégradations à travers la France.
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
Zoé Dupuy, vice-présidente de la FAGE, qualifie les violences du 17 octobre de « relativement marginales », malgré au moins 3.000 commerces touchés.
Des milliers de commerces touchés, des vitrines fracassées, des magasins pillés et plusieurs centaines de millions d'euros de dégâts estimés : les violences du 17 octobre ont laissé un lourd bilan en France. Pourtant, sur le plateau de C ce soir, sur France 5, Zoé Dupuy, vice-présidente de la Fédération des associations générales étudiantes (FAGE), a choisi de les qualifier de « relativement marginales ».
J’ai failli tomber de ma chaise. 🤦🏻♂️
— Beau Gosse Prétentieux_Backup (@BoGossPrebackup) October 21, 2026
Pardon, mais je dois être trop sensible.
Entendre cette étudiante, vice-présidente de la FAGE, expliquer tranquillement sur France 2 dans l'émission @Ccesoir que les violences étaient « relativement marginales », c’est insupportable.
Soit… pic.twitter.com/CrDvzgndKg
« Les violences restent quand même relativement marginales »
« Le traitement médiatique qui a été fait après le 17 octobre a été extrêmement porté sur les violences, qui restent quand même relativement marginales », déclare la représentante étudiante.
Le traitement médiatique qui a été fait après le 17 octobre a été extrêmement porté sur les violences, qui restent quand même relativement marginales.
Zoé Dupuy
Pour justifier cette appréciation, elle invoque l'ampleur de la mobilisation : « Quand on pense aux 800.000 personnes qui sont sorties dans la rue ce jour-là, les jeunes ne sont pas violents. »
Zoé Dupuy défend ainsi la majorité pacifique des manifestants et regrette que les destructions aient éclipsé les revendications étudiantes. Elle précise néanmoins que les violences et dégradations sont « déplorables » et que son organisation ne les soutient pas.
Mais son choix de vocabulaire soulève une question : le caractère minoritaire des casseurs suffit-il à rendre leurs actes marginaux ?
Au moins 3.000 commerces touchés
Le 18 octobre, Alexandre Bompard, président de la Fédération du commerce et de la distribution, estimait à 1.500 le nombre de commerces touchés par les violences, évoquant plusieurs centaines de millions d'euros de dégâts.
Le lendemain, le gouvernement portait ce bilan provisoire à au moins 3.000 commerces victimes de pillages ou de dégradations à travers le pays.
Derrière ces chiffres se trouvent des commerçants privés de leur outil de travail, des stocks volés, des salariés confrontés à des fermetures temporaires et des entreprises fragilisées.
Que les auteurs de ces destructions aient représenté une infime minorité des manifestants ne change rien à l'ampleur de leurs conséquences. Une minorité peut parfaitement provoquer des dégâts considérables. Confondre la proportion des casseurs avec la gravité des faits revient à mélanger deux réalités distinctes.
Des revendications éclipsées, mais des destructions bien réelles
La vice-présidente de la FAGE insiste sur les semaines de mobilisation étudiante et sur l'absence, selon elle, de réponses gouvernementales concrètes.
Elle regrette que le débat public se concentre désormais sur les violences plutôt que sur les revendications sociales.
Cette critique peut s'entendre : les actes d'une minorité ne doivent pas effacer les préoccupations des centaines de milliers de manifestants pacifiques. Mais l'inverse est tout aussi vrai.
Les difficultés des étudiants méritent d'être entendues. Les commerçants victimes des pillages également. Et l'importance accordée aux violences dans les médias ne relève pas nécessairement d'un emballement : elle peut simplement refléter la gravité des destructions.
En qualifiant ces violences de « relativement marginales », Zoé Dupuy entend manifestement défendre le caractère pacifique de la mobilisation. Reste que la formule paraît singulièrement malheureuse au regard des dégâts occasionnés.
Les casseurs étaient peut-être minoritaires dans la rue. Les conséquences de leurs actes, elles, n'avaient rien de marginal.