Fiscaliste chevronné et fin connaisseur des finances publiques bruxelloises, Dirk De Smedt (photo) a hérité, fin octobre 2025, d’un des jobs « les plus difficiles au monde » : ministre du Budget de la Région Bruxelloise. Le ministre Open VLD travaille d’arrache-pied pour éviter le scénario du pire : shutdown, dégradation de la note de Bruxelles, coupures des lignes de crédit des banques, effet boule de neige de la dette… Son travail, salué dans la sphère politique, a attiré l’attention du formateur bruxellois Yvan Verougstraete, qui tente d’enrôler l’Open VLD dans sa future coalition « Guinness », via le travail du ministre du Budget. Pas gagné.
Dirk De Smedt, lui, trace sa route et ne dévie pas de ses trajectoires : suppression de milliers de lignes budgétaires, privatisations, fusion d’administrations, avenir du Musée Kanal, licenciements… Interview sans langue de bois.
21News : Bonjour Dirk De Smedt, dans le monde politique bruxellois, on dit que vous avez « le job le plus difficile du monde »… C’est votre avis aussi ?
Dirk De Smedt : Je n’en sais rien (rires…), mais il y a un challenge, ça c’est clair. La situation budgétaire de la région est pénible, les enjeux gigantesques. On est confronté à ce dérapage budgétaire, pour toutes les bonnes et mauvaises raisons du monde. Mais si on continue à gérer et traiter les finances publiques comme on l’a fait ces dernières années à Bruxelles, c’est intenable. On se trouve face à un vrai enjeu financier. Parce que le déficit c’est une chose, l’accumulation de dettes c’est encore autre chose. Qui dit dette dit des charges d’intérêts, qui mangent progressivement et de plus en plus vos capacités pour développer des politiques essentielles, pour répondre aux besoins réels de la population. La situation est complexe, mais je suis quelqu’un qui n’a pas peur d’un défi. A première vue, le défi semble être impossible, mais à chaque problème il y a une solution.
21News : Vous avez regardé les comptes avant d’accepter le poste ?
Dirk De Smedt : Oui bien sûr, j’ai jeté un œil sur la situation, sur les outils de financement, sur les grands dossiers qui étaient dans le pipe. Souvenons-nous que je suis arrivé comme ministre fin octobre. Et au regard des délais qui me restaient et de l’objectif minimum à atteindre, c’était quand même très challenging. Au final, j’ai accepté assez vite, pour jouer mon rôle dans un métier que je connais, parce que j’ai toujours baigné dans les finances publiques, dans des cabinets bruxellois. J’ai aussi passé deux ans au niveau fédéral de 2009 à 2012… C’était la période de la crise des 541 jours sans gouvernement, où on a fait une négociation sur la réforme de l’État, puis on a formé le Di Rupo Ier. En boutade, je me dis que j’ai battu deux fois le record mondial, à l’époque au fédéral et aujourd’hui au gouvernement bruxellois en affaires courantes.
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