Exécution des homosexuels, torture des apostats, lapidation pour adultère : la profession de foi d’un influenceur islamiste au Royaume-Uni
Muhammad Saifullah revendique face caméra l’exécution des homosexuels et des apostats, la lapidation pour adultère et défend Oussama ben Laden. Des propos tenus dans un entretien de plus d’une heure et demie diffusé par l’importante chaîne britannique de Liam Tuffs.
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
Muhammad Saifullah revendique dans un important podcast britannique l’exécution des homosexuels et des apostats, la lapidation pour adultère, défend Oussama ben Laden et tient des propos violemment antisémites.
Il ne s’agit pas d’un obscur message publié dans les profondeurs d’un forum islamiste. Pendant plus d’une heure et demie, Muhammad Saifullah a exposé face caméra sa conception de l’islam et de la charia dans The Dozen with Liam Tuffs, podcast britannique dont la chaîne YouTube rassemble plusieurs centaines de milliers d’abonnés.
L’entretien, intitulé Islam Is NOT Compatible With Western Values | This Interview Left Me STUNNED, a été publié dimanche 4 octobre. Liam Tuffs y demande notamment à son invité ce qu’il ferait s’il disposait du pouvoir au Royaume-Uni. La réponse de Saifullah concernant les homosexuels est sans détour.
Sa police, explique-t-il, arrêterait la personne concernée. Celle-ci serait traduite devant un tribunal, des preuves devraient être apportées et elle aurait la possibilité de se défendre. Mais « si les preuves sont là que cette personne est homosexuelle », poursuit-il, il ordonnerait immédiatement à ses bourreaux de « s’en débarrasser ». Autrement dit : de l’exécuter.
British Islamic Content Creator Muhammad Saifullah: If I Were the PM, I Would Execute Homosexuals, Stone Adulterers, and Torture Apostates to Death; Osama Bin Laden Represented Islam and Defended His Country Like Richard the Lionheart; Israelis Are Worse Than Cockroaches, Jews… pic.twitter.com/MhBUwuGPEt
— MEMRI (@MEMRIReports) October 5, 2026
« C’est l’islam, et j’en suis fier »
Liam Tuffs l’interroge ensuite sur la lapidation des femmes. Saifullah corrige la prémisse : dans le système qu’il défend, le châtiment ne concernerait pas seulement les femmes.
« Ce sont les hommes aussi », répond-il. Les hommes comme les femmes déjà mariés qui commettraient un adultère seraient « lapidés à mort ».
Et s’il était Premier ministre du Royaume-Uni ? — « 100 %. C’est l’islam, et j’en suis fier, et j’y crois à 100 %. J’y crois à la lettre. Je ne vais pas le changer pour que les gens m’acceptent », répond Saifullah.
Tuffs poursuit. S’il critiquait ou insultait le prophète Mahomet, son invité souhaiterait-il son exécution ? — « 100 %. 100 %. — Accepterait-il de procéder lui-même à l’exécution ? — Certainement, 100 %. »
La présentation de l’entretien par The Dozen ne cherche d’ailleurs pas à édulcorer son contenu : elle indique elle-même que Saifullah, s’il exerçait le pouvoir sous une charia intégrale, appliquerait la peine de mort pour l’homosexualité et l’adultère et ferait exécuter les apostats et les personnes critiquant Mahomet.
« Je les torturerais »
Les propos deviennent encore plus violents lorsque la conversation aborde l’apostasie. « Personnellement, avec les apostats, je les torturerais », affirme Saifullah.
Il assure qu’il leur rendrait la mort « infernale », visant tout particulièrement les dirigeants de pays musulmans qu’il considère comme des apostats. Il cite notamment le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane et les dirigeants des Émirats arabes unis. « Je les torturerais jusqu’à la putain de mort », lance-t-il.
Saifullah ne présente pas ces déclarations comme une provocation destinée à choquer son interlocuteur. Il les rattache explicitement à sa conception de l’islam : « C’est ce que ma religion enseigne. »
Il interpelle même les autorités britanniques. Si le programme de prévention de la radicalisation Prevent, la police et les institutions ont un problème avec ce qu’il affirme, demande-t-il, pourquoi ne pas avoir le courage d’interdire l’islam ?
Selon son raisonnement, le Royaume-Uni autoriserait la diffusion du Coran mais qualifierait de « radical » celui qui prêche ce que Saifullah considère comme son véritable contenu.
Ben Laden, un héros comme Richard Cœur de Lion ?
L’entretien bascule ensuite sur Oussama ben Laden. Le fondateur d’Al-Qaïda représentait-il véritablement l’islam ? Saifullah répond par l’affirmative.
Il estime que les médias ont dit « beaucoup de choses mauvaises » sur Ben Laden avant de le comparer à une figure autrement surprenante : Richard Cœur de Lion.
Le roi anglais était un héros pour son pays et son peuple, développe-t-il, tandis que ceux qu’il combattait pouvaient le considérer comme un ennemi.
Saifullah applique le même raisonnement au chef d’Al-Qaïda : Ben Laden était selon lui « un musulman défendant l’islam et avait parfaitement le droit de défendre son pays ». — « Qu’Allah lui fasse miséricorde », conclut-il.
La description publiée par l’émission indique par ailleurs que Saifullah défend également, au cours de l’entretien, les auteurs de l’attentat contre Charlie Hebdo.
« Un cafard vaut mieux qu’un Israélien »
Saifullah tient également des propos ouvertement déshumanisants à l’égard des Israéliens. « Je ne supporte pas Israël », commence-t-il, avant d’affirmer que l’État hébreu ne devrait pas exister. « Je ne les vois pas comme des humains. C’est la vérité. Je les vois comme des cafards », dit-il des Israéliens.
Puis : « Je jure devant Dieu qu’un cafard vaut mieux à mes yeux qu’un putain d’Israélien. » Son discours s’étend ensuite aux Juifs dans leur ensemble.
« Les Juifs ont beaucoup, beaucoup à voir avec ce qui se passe dans le monde, croyez-moi », affirme Saifullah, qui les qualifie ensuite de personnes « maléfiques et sataniques ».
Un créateur de contenu qui revendique de ne pas être « politiquement correct »
Muhammad Saifullah n’était pas totalement inconnu des réseaux sociaux avant son passage chez Liam Tuffs. Ses comptes Facebook et Instagram, qui rassemblent quelque 10.000 abonnés, se présentent comme consacré aux « commentaires sans filtre sur la géopolitique et la culture ».
« Je dis ce que les autres ont peur de dire. Pas de discours politiquement correct », annonce-t-il dans sa présentation. L’émission de Liam Tuffs renvoie elle-même vers le compte Instagram de son invité dans la description de la vidéo.
Saifullah bénéficie désormais d’une exposition autrement plus importante. The Dozen with Liam Tuffs, lancé en 2023, a publié quelque 240 épisodes et reçoit des invités britanniques et étrangers autour de la politique, de la criminalité ou encore des questions de société. Sa chaîne YouTube rassemble aujourd’hui environ 380.000 abonnés.
Sa citoyenneté britannique affirmée, mais pas confirmée
Les informations disponibles sur le parcours personnel de Muhammad Saifullah demeurent beaucoup plus fragmentaires que ses déclarations publiques.
Le commentateur Amjad Taha, qui a relayé des extraits de l’entretien, affirme que Saifullah vit au Royaume-Uni et qu’il a obtenu la citoyenneté britannique. Il assure également que les Frères musulmans l’invitent dans des universités pour s’adresser à des étudiants.
He lives in Britain and was granted UK citizenship. The Muslim Brotherhood brings him to universities to lecture students, while he openly calls for your deaths in HD. You call him an activist. In the UAE, we call this terrorism and ban the Muslim Brotherhood. You don’t. pic.twitter.com/J1yDBQgnY4
— Amjad Taha أمجد طه (@amjadt25) October 3, 2026
Ces deux affirmations n’ont pas pu être confirmées indépendamment par 21News. Le nom Muhammad Saifullah étant relativement répandu, les nombreux profils homonymes disponibles en ligne ne permettent pas de reconstituer avec certitude son parcours. Ses convictions exprimées dimanche ne présentent, elles, guère d’ambiguïté.
Et Saifullah prend même soin de prévenir ceux qui seraient tentés de les présenter comme une version édulcorable de sa pensée : « Je ne vais pas le changer pour que les gens m’acceptent. »