Trump s’en prend à Paris et Londres, où la charia serait devenue « presque un deuxième mode de vie »
Donald Trump veut bannir toute application de la charia aux États-Unis. Interrogé par le conservateur Glenn Beck, le président américain a également pointé Paris et Londres, deux capitales européennes où elle serait devenue, selon lui, « presque un deuxième mode de vie ».
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
Donald Trump veut bannir la charia aux États-Unis et prend Paris et Londres pour exemples, où elle serait devenue selon lui « presque un deuxième mode de vie ».
Donald Trump porte une nouvelle fois son regard sur l’Europe et son évolution démographique et culturelle. Invité mercredi dans l’émission du commentateur conservateur Glenn Beck, le président américain a affirmé qu’il ne tolérerait aucune application de la charia aux États-Unis, avant de citer Paris et Londres comme contre-exemples.
Interrogé sur l’opportunité d’adopter une législation interdisant explicitement la loi islamique sur le territoire américain, Donald Trump n’a laissé aucune place au doute.
« Concernant la charia, je dirais catégoriquement qu’elle n’a pas sa place dans ce pays : pas de charia », a déclaré le président dans le Glenn Beck Show.
Il a ensuite déplacé son propos de l’autre côté de l’Atlantique. « Vous avez effectivement des endroits où elle est présente, comme vous le savez. Vous allez à Londres, vous allez à Paris, c’est presque comme un deuxième mode de vie. C’est ridicule », a-t-il poursuivi.
Donald Trump n’a toutefois donné aucun exemple précis permettant d’étayer cette affirmation.
« Un seul système » juridique aux États-Unis
Le président américain assure que son administration intervient déjà lorsqu'elle constate une tentative d'application de normes juridiques inspirées de la charia.
« J’interdirais absolument la charia, et elle est présente dans une certaine mesure dans ce pays. Et là où nous la voyons, nous la supprimons. Il faut la supprimer », a-t-il affirmé.
Donald Trump défend, derrière cette position, un principe plus général : celui de l’unicité du droit américain. Il doit exister « un seul système » juridique dans le pays, estime-t-il, présentant le système américain comme « le meilleur », malgré ses imperfections.
Ses déclarations interviennent alors que la question de l'intégration de certaines pratiques religieuses au sein des systèmes juridiques occidentaux fait régulièrement débat. Au Royaume-Uni notamment, des conseils ou tribunaux islamiques informels peuvent intervenir dans certains différends religieux ou familiaux, mais leurs décisions ne se substituent pas au droit britannique. En France, la Constitution et le principe de laïcité ne reconnaissent pareillement aucun ordre juridique religieux concurrent de celui de la République.
Paris et Londres régulièrement dans le viseur de Trump
Ce n’est pas la première fois que Donald Trump présente les deux capitales européennes comme les symboles des conséquences de l’immigration et de la progression de l’islam en Europe.
En septembre 2025, devant l’Assemblée générale des Nations unies, le président américain avait directement pris pour cible le maire travailliste de Londres, Sadiq Khan.
« Je regarde Londres où vous avez un maire épouvantable, un maire vraiment épouvantable. Tout a tellement changé. Maintenant ils veulent instaurer la charia », avait-il lancé.
Aucune initiative visant à substituer la charia au droit britannique n’était pourtant engagée.
Durant la campagne présidentielle américaine de 2024, Donald Trump avait déjà associé Paris et Londres dans une critique particulièrement sévère de la politique migratoire européenne. Il avait alors qualifié les deux villes de « méconnaissables » et estimé qu’elles avaient « ouvert leurs portes au djihad ».
L’Europe comme repoussoir politique
Le recours à Paris et Londres n’est donc pas anecdotique dans le discours trumpiste. Les grandes métropoles d’Europe occidentale servent régulièrement au président américain de repoussoir lorsqu’il défend sa propre politique migratoire et son projet de restauration d’une identité nationale plus homogène.
Sa nouvelle sortie s’inscrit dans cette continuité : la question de la charia lui permet d'opposer le modèle juridique qu’il entend défendre aux États-Unis à ce qu’il présente comme un abandon progressif des normes occidentales dans certaines villes européennes.
La formulation employée demeure néanmoins beaucoup plus large que la réalité juridique. Ni la France ni le Royaume-Uni n’ont instauré la charia comme système de droit parallèle. Donald Trump ne parle d’ailleurs pas ici d’une reconnaissance officielle : en évoquant un « deuxième mode de vie », il inscrit davantage son accusation sur le terrain culturel et social.
À moins de deux ans de la fin de son mandat, le président américain continue ainsi de faire de l’Europe occidentale l’un des miroirs de son propre combat politique : celui d’un pays qui, selon lui, doit refuser que l’immigration et les particularismes religieux puissent remettre en cause l’unité de ses lois.